Les consommateurs suisses ne veulent pas d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leur assiette. Et ils n'en ont toujours pas. Selon le WWF Suisse, qui présentait hier à Berne une brochure* consacrée aux OGM dans notre alimentation, les fabricants d'aliments et les distributeurs ont réussi à mettre

en place des filières d'approvisionnement en maïs et en soja issus de cultures traditionnelles. Les consommateurs méfiants peuvent donc, à ce jour, être rassurés.

Les tests ADN menés ces deux dernières années par les laboratoires cantonaux confirment l'absence des OGM en Suisse. Sur quelque 750 analyses, les chimistes n'ont relevé que 6 échantillons non déclarés dépassant la valeur limite autorisée de 1% pour les traces d'OGM.

Par ailleurs, deux aliments contenaient des traces d'une variété de maïs modifié encore non autorisée en Suisse (qui l'a été depuis).

Contrôle exhaustif impossible

Cette bonne image est toutefois à relativiser, selon Peter Brodmann, chimiste cantonal bâlois, car il est impossible de contrôler tous les types de produits. Ainsi les huiles, les sucres, les amidons ou les vitamines peuvent être produits par génie génétique sans qu'on le sache, puisqu'ils ne contiennent plus du tout d'ADN après leur purification. La solution? Améliorer la traçabilité des produits et exiger des certificats d'origine.

Autre bémol: les analyses ne révèlent que les constructions génétiques que l'on connaît. Il est donc possible que certaines variétés inconnues en Europe échappent aux contrôles. Les éventuels OGM cachés dans le fourrage des animaux, souvent à base de maïs et de soja, inquiètent enfin tant les fabricants et les distributeurs que les défenseurs des consommateurs.

*La brochure «Avec ou sans?

Les OGM dans notre alimentation» peut être obtenue auprès du WWF Suisse, ch. de Poussy 14, 1214 Vernier, contre une enveloppe adressée et affranchie.