Alimentation

«Les Suisses mangent trop de viande rouge»

Label de restauration, partenaire de nombreuses collectivités, dont des crèches ou des écoles, la Fourchette verte préconise une alimentation de qualité pour promouvoir la santé et prévenir certaines maladies, telles le cancer. Réaction de son secrétaire général, Stéphane Montangero

- Comment réagissez-vous à cette annonce?

– Il est toujours problématique de considérer ces études internationales sans savoir ce qu’elles prennent exactement en compte. Parle-t-on du bœuf aux hormones américain ou de steaks bios? En quelle quantité et à quelle fréquence? Soit un produit est dangereux à court terme et l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) prononce son interdiction. Soit nous nous trouvons dans un processus à moyen terme qui ne suscite pas de mesures urgentes, ce qui semble être le cas ici. Fourchette verte se base sur les recommandations de la Société Suisse de Nutrition qui se base sur celles de l’OSAV, le tout étant chapeauté par la COFA, commission fédérale de l’alimentation. L’an dernier, la COFA a justement publié un rapport mettant en évidence certains risques liés à la consommation de viande rouge, transformée ou non. Nous savons que nous en mangeons beaucoup trop en Suisse, pour des questions à la fois sanitaires et écologiques. Une annonce comme celle-ci peut donner l’impression qu’il faudrait arrêter immédiatement toute consommation. Or, c’est la dose qui fait le poison. Nous devons affiner notre analyse, notamment sur la base des études qui concernent directement notre pays.

– Concrètement, vous n’allez donc pas préconiser de changement à vos membres?

Non, pas immédiatement. Nous recommandons déjà de varier les protéines, donc de ne pas manger de viande rouge chaque jour. Quant aux produits transformés, ils sont majoritairement gras et nous les limitons fortement. A ce titre, nous agissons déjà de manière préventive.

– En tant que partenaire de nombreuses crèches ou écoles, n’avez-vous pas une responsabilité accrue; comment gérer la peur des consommateurs?

Encore une fois, varier l’apport de protéines en consommant des légumineuses, des œufs, du poisson, etc. diminue les risques. Tout comme des quantités modérées. Nos recommandations sont en adéquation avec les recommandations fédérales, qui évoluent tous les 4-5 ans, et nos assiettes se situent largement en dessous de celle du consommateur lambda en termes d’excès. Il y a ce rapport, puis il y aura sans doute un «contre-rapport». Il faudra certainement du temps avant que le consensus se fasse et que les normes évoluent.

– Y’a-t-il eu des précédents?

L’huile est un bon exemple. Pendant des années, l’huile de tournesol a été présentée comme la meilleure. Puis de nouvelles connaissances scientifiques ont permis d’adouber l’huile de colza et d’olive, avec certaines recommandations d’usage à froid et à chaud, tout en reléguant le tournesol.

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