Le pire serait-il à venir? Pour beaucoup, tous les signaux l’attestent, alors que la crise actuelle excite les esprits et aiguise les extrêmes. Le 22 février, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a ainsi appelé à mener «une action concertée, à l’échelle mondiale», pour mettre fin à l’essor des mouvements extrémistes blancs et néonazis, «la plus grande menace pour la sécurité intérieure de plusieurs pays», selon lui.

Le lendemain, la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad), publiait à son tour son rapport annuel sur l’antisémitisme en Suisse romande, faisant état d’une hausse de 41% des actes antisémites sur le sol romand, entre 2019 et 2020. Parmi ceux-ci: des atteintes à l’intégrité des personnes et des biens, dont la dépose d’ordures dans le jardin d’une famille juive, mais aussi des injures antisémites à l’école, et même un salut nazi, assorti d’un «Heil Hitler» hurlé par une enseignante à ses élèves, pour réclamer l’ordre… Mais l’année 2021 démarre aussi par deux actes antisémites contre des synagogues à Lausanne et Genève, avec la dépose de tranches de porc sur les parvis. Et pour Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad, la crise sanitaire et économique historique que nous traversons favorise grandement les théories conspirationnistes antisémites, qui circulent actuellement sur internet avec «une portée colossale», et nourrissent les potentiels passages à l’acte.