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La Switch Lite, un jouet pour des plaisirs en solitaire

Plus petite, plus légère, moins chère, mais aussi plus limitée: la Switch Lite de Nintendo propose une expérience de jeu nomade et solo qui rappelle les heures les plus glorieuses de sa Game Boy

Les consoles se suivent et ne se ressemblent pas chez Nintendo. Après l’échec de la Wii U, sa console hybride Switch, à la fois portable et de salon, fait un carton dans le monde. Rien qu’en Europe, la firme nippone annonce avoir écoulé 10 millions d’unités depuis sa sortie en 2017, avec une progression de presque 30% en 2019 par rapport à l’année précédente.

Dans ce contexte favorable, il ne surprendra personne que Nintendo ait dépoussiéré sa Switch avec une version «2019». Mais surtout, Nintendo a donné naissance à sa petite sœur, la Switch Lite. S’agit-il d’ailleurs encore vraiment d’une Switch, cette nouvelle mouture ne «switchant» rien du tout? Elle se limite en effet au mode portable, sans possibilité de branchement à un téléviseur ni mode «sur table» permettant de jouer à plusieurs sur le petit écran. Exit la modularité, Nintendo revient donc en quelque sorte à ses premières amours: une console portable pour du jeu en solo. Ce n’est pas forcément un mal, car comme la vénérable Game Boy avant elle, la Switch Lite constitue sans doute une des meilleures consoles portables ayant vu le jour.

Pad multidirectionnel

Vendue 249 francs (contre 349 pour la version standard), cette mouture allégée s’est vu ôter ses nombreux oripeaux technologiques. Au niveau des commandes, là où la Switch disposait de Joy-Con amovibles en guise de manettes, la Switch Lite se contente de boutons intégrés, sans fioritures. Réduction des coûts oblige, les capteurs de mouvement et le moteur de vibrations ont disparu. Seule nouveauté, les quatre boutons de gauche ont été convertis en un pad multidirectionnel, un peu trop proche du stick gauche. A l’usage, les commandes manquent parfois de nervosité. Mais le plus handicapant reste l’emplacement du stick droit qui, situé relativement bas, oblige à effectuer une désagréable gymnastique du pouce devenant rapidement fatigante, du moins pour les grandes mains.

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Les plus petites paluches devraient trouver la console plus confortable. Celle-ci a subi un léger régime et perd 123 grammes, tout de même, et affiche 275 grammes. Elle est dégauchie d’environ 3 centimètres en longueur et 1 en largeur. Seule l’épaisseur ne bouge pas.

Solidité

La console est de bonne facture et les matériaux respirent la solidité. A la différence de son aînée, absolument rien ne bouge une fois calée entre les mains. S’agissant de la qualité, cette Switch Lite n’est cependant pas exempte de défauts: un grand nombre de clients se plaignent du «Joy-Con Drift», des mouvements fantômes de la manette valant à Nintendo des actions collectives en justice dans certains pays. Le problème n’a pas été observé sur l’exemplaire fourni par la marque.

Mais revenons au rabotage des mensurations de cette mini-Switch. L’opération peut paraître modeste, il n’empêche qu’elle a du bon. La console ne rentre certes pas dans la poche du premier pantalon slim venu, mais elle a su plusieurs fois trouver sa place dans mon blouson ou dans un sac, là où son aînée rechignait à rentrer. Pour mon utilisation plutôt nomade, ce gain de place est appréciable, mais a un coût: il faudra tabler sur une autonomie plus modeste que celle de la Switch 2019. Nintendo annonce de 3 à 6 heures d’autonomie en fonction des jeux et des réglages, ce qui, vérifications faites, s’est révélé exact. Une performance similaire à la Switch originelle, mais moindre que le modèle 2019 (de 4,5 à 9 heures annoncées).

Bluetooth absent

L’écran de la Switch Lite a lui aussi été revu. Plus petit, il est proche d’un écran type smartphone (5,5 pouces contre 6,2 auparavant). Il s’est révélé moins brillant et moins réfléchissant que celui de la première mouture. A noter que les blancs, toutefois, tirent plus vers le jaunâtre. Malgré les doléances des joueurs, la console ne dispose toujours pas d’une connectivité Bluetooth, tant pis pour les casques sans fil.

En se recentrant sur le jeu nomade en solo, la Switch Lite va à l’essentiel. Il faudra faire une croix sur quelques jeux incompatibles (entre autres le génial Mario Party et le dispensable 1 2 Switch), mais l’expérience ludique satisfera ceux qui n’ont que faire du jeu en salon, qui jouent dans les transports ou qui disposent d’un budget plus serré.

Quant à ceux qui préfèrent s’écharper en famille sur Mario Kart ou Splatoon 2 assis dans leur canapé, il leur reste la Switch standard qui, en plus d’autoriser les parties multijoueurs, conserve ce qui constitue tout de même l’ADN de cette console, à savoir de multiples possibilités d’utilisation. Dans un cas comme dans l’autre, Nintendo devrait remporter de nombreux suffrages sous le sapin en fin d’année.

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