Par le jeu, un enfant peut tout avaler. Un brocoli, un Dafalgan, et la liste complète de tous les produits qui sentent mauvais sur l’étal du poissonnier breton.

Pour les premiers, aux parents l’astuce. Pour citer in extenso «poulpe, sèche, calamar, cabillaud, flétan», apprendre à lire et écrire «nez, langue, oreille», les fiches magiques procurent la méthode. Intitulées «Maternelle tout le programme», et divisées en trois sections (petite 3-4 ans, moyenne 4-5 ans, grande 5-6 ans), ces boîtes proposent 16 fiches cartonnées, plastifiées et effaçables pour un apprentissage ludique de l’écriture, de la lecture, des maths et de la découverte. La terminologie française peut faire sourire: «pour progresser en graphisme», vante chaque boîte, y compris celle des tout-petits. L’assurance garantie que Noé sortira de l’ECAL premier de sa promo? Non, juste qu’il va aimer tracer des «5» et des «fraise» de plus en plus impeccables, citer les fruits exotiques (litchi, carambole), compléter les voyelles du mot «avocat», à l’invitation du petit professeur koala ou raton laveur.

Dans la boîte guillerette aux allures de triple DVD, les fiches presque A5, faciles à manipuler, évoquent le jeu des sept familles. Il faut en profiter. Grâce au feutre magique, on trace, mais pas grave! On efface, on recommence. Un autre jour, ailleurs. Dans le train, dans la voiture, au bistrot, avec la baby-sitter à cours d’idées. Une alternative maligne aux iPad et iPhone des parents pour occuper l’enfant.

«Maternelle tout le programme», fiches effaçables, Gallimard Jeunesse Education, 10 fr. 20 .