Elle est toute frêle, Ally. Aux Etats-Unis, une polémique s'est même engagée l'année dernière au sujet de son poids, désespérément ridicule au vu des moyennes nationales. Ally, c'est le personnage principal d'Ally McBeal. C'est également l'héroïne cathodique préférée des féministes américaines. Outre-Atlantique, douze millions de téléspectateurs se branchent chaque semaine sur la chaîne Fox pour suivre ses aventures. En France, c'est M6 qui s'en charge. Ally vit à Boston où elle travaille comme avocate. Célibataire, la trentaine bien entamée, elle se cogne à tous les coins de la vie.

Mercredi soir, dans le 14e épisode de la première saison, Ally et Renée, sa colocatrice, jouaient les demoiselles d'honneur au mariage d'une amie. De retour chez elles, Ally a craqué. Elle a confié à Renée son désir d'habiter en Suisse. Ally en Suisse! Et pour quelles raisons? Pour une jeune fille qui souffre de voir ses amies se marier, la Confédération est un paradis car «les Suisses sont sentimentalement neutres». Pauvres de nous. Aucune catastrophe nationale, aucun scandale historique, aucun forum international n'y fera rien. Rien ne semble capable de changer l'image de notre beau pays. La neutralité nous a sculptés dans le marbre. Sept millions de statues. Un jardin où les héroïnes romantiques des nouveaux feuilletons à l'eau de rose viennent se reposer et «boire du chocolat chaud dans la neige». A ce point d'inertie, seul un scandale sexuel à la tête de l'Etat pourrait changer les choses aux yeux du monde, c'est-à-dire des Américains. Rita?