Londres, sa City. Et ses banquiers qui, chaque matin, boutonnent leur costume un peu comme on rabat sur soi le couvercle de son cercueil.

Londres, sa City. Et ses rites que le pékin pense immuables, à moins que le ciel ne soit sur le point de tomber sur les chapeaux melons de ses financiers.

Voilà pourtant que Londres a décidé de bousculer la présentation de son rapport trimestriel sur l'inflation. Normalement, la publication de ces chiffres par la Banque d'Angleterre devait avoir lieu le 11 août en matinée. L'ennui, c'est qu'à la même heure, un autre événement est à l'ordre du jour: l'éclipse, bien sûr, qui plongera Londres dans une obscurité presque totale. La conférence commencera en avance, s'arrêtera, pour reprendre sitôt la lumière revenue.

On ne peut pas accuser les banquiers de craindre que leurs chiffres soient dans le noir. Alors pourquoi déroger ainsi à la tradition? Officiellement, la Banque d'Angleterre répond qu'elle craint que l'éclipse ne fasse de l'ombre à son rapport. Tssss! Les employés de la banque sont comme vous et moi, pour rien au monde ils ne rateraient l'éclipse. Ils ont raison, notez. Mais ils ne peuvent pas le dire, cela ne fait pas sérieux, quand on porte un costume strict. Alors ils trouvent des excuses, ils se défilent.

Quoi, des banquiers se défiler? Si, si. Quiconque, au moment de la fusion UBS-SBS, a eu d'interminables ennuis avec ses cartes bancaires sait qu'il ne faut jamais, plus jamais, croire les excuses et les justifications brandies par des employés de banque. Non?