Le métro londonien a accouché d'une nouvelle espèce animale. Plus précisément d'un moustique, a annoncé mercredi la revue BBC Wildlife. L'insecte aurait muté pour survivre dans cette nouvelle niche écologique souterraine, plus connue pour abriter des rongeurs affamés et des humains très pressés.

L'histoire a commencé à la fin du siècle dernier, lors du percement du métro. Des ancêtres moustiques, de la famille des Culex pipiens, ont dû négligemment pondre des œufs dans les flaques d'eau qui – on est à Londres rappellons-le –, ne devaient pas manquer dans le chantier. Elles n'ont pas pensé une seconde que leur progéniture se trouverait piégée sous terre, une fois le tunnel refermé. Une histoire qui aurait pu très mal finir avec la mort de quelques milliers de moustiques. Car cette espèce avait élu le sang d'oiseaux comme régime alimentaire.

Heureusement, les jeunes moustiques fraîchement métarmophosés n'ont pas perdu le nord. Privés de leurs proies habituelles, ils se sont rabattus sur le sang des habitants du métro, rats, souris et passagers humains. Un sang d'assez bonne qualité pour permettre aux femelles de pondre des œufs, assurant la pérennité de l'espèce. Selon les scientifiques qui ont mené une enquête génétique, ces moustiques ne pourraient plus revenir en arrière. Ils ont en effet tenté d'accoupler ce mutant, qu'on appellera Culex metropolitanus, avec un de ses cousins de Picadilly Circus. En vain. Une nouvelle espèce vient donc enrichir la biodiversité britannique.

Poussant leurs recherches plus avant, les chercheurs ont même découvert que ces nouveaux moustiques ont des différences génétiques selon la ligne de métro qu'ils habitent. C'est étrange, car chez les humains, ce ne sont pas les gènes qui diffèrent selon les lignes. Mais bien la griffe des habits qu'ils portent sur le dos selon le quartier desservi.