Lors d'une visite au Starlab, sorte de Massachusetts Institute of Technology bruxellois, nous avions eu un avant-goût des «vêtements du futur» rêvés par les scientifiques. Il était question de tissus interactifs, d'étoffes changeant de couleur selon nos émotions… Les scientifiques sont des poètes, pensais-je en quittant le Starlab.

Jusqu'à ce que tombe cette information dans le New Scientist: bientôt nos petites culottes nous avertiront, nous, les femmes, que nous allons avoir nos règles dans quatre heures (sic), que nous sommes sur le point d'ovuler, que nous sommes enceintes. En combinant deux marqueurs – une résine qui tourne au bleu en présence d'infimes traces de sang et de l'acide carminique qui vire au rouge en présence d'acidité –, on peut prévoir l'apparition imminente des menstruations lorsque le slip passe au pourpre. Pour détecter l'ovulation, il s'agit d'une autre technologie dont nous vous épargnerons la description. Les brevets ont été déposés par Procter & Gamble. Comme si on leur avait demandé quelque chose…

Cette histoire m'en a rappelé une autre, celle de S-check un set de deux aérosols qui a fait un malheur au Japon il y a deux ans. Les Japonaises en sprayaient les sous-vêtements de leur mari volage. Toute trace de liquide séminal (preuve, selon elles, que l'époux avait fauté) se teintait de vert vif. On n'est jamais si bien trahi que par ses habits. n