Dans cette chronique, c’est vrai, on se moque d’eux. Mais c’est parce qu’on les aime comme personne, ces petits adultes en devenir. 

Episodes précédents:

WhatsApp, Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok… Finis les monstres cachés dans le placard ou les menaces du Père Fouettard. Voici les nouveaux démons que tous les parents, à un certain moment de leur carrière d’accompagnateurs de vie, vont devoir affronter.

A 8, 10 ou 12 ans, aujourd’hui, tous les enfants commencent à avoir un téléphone. Pas spécialement pour téléphoner d’ailleurs. Beaucoup plus pour surfer partout, tout le temps, et pour n’importe quoi. Et c’est justement là que se situe le problème.

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Avec cet outil que l’on chérit tant nous aussi, un univers de possibilités s’ouvre à eux. Les enfants, bienvenue dans un monde où l’intelligence artificielle des géants de la tech évoqués ci-dessus n’est pas assez intelligente pour filtrer tous les contenus qui mériteraient de l’être. Bienvenue dans un monde où des milliers d’internautes se précipitent sur n’importe quelle vidéo YouTube pour écrire «FIRST» (en majuscules, pour montrer qu’ils crient de joie), afin de prouver au reste du monde qu’ils sont les premiers à avoir… écrit «FIRST».

La vie sociale loin des interactions physiques

Je diabolise, évidemment. Mais j’ai une excuse. Par crainte de voir ma progéniture atteindre l’âge raisonnable d’avoir son propre téléphone, j’ai bien plus à écrire sur les dérives du monde et la bêtise humaine qui se concentre sur internet que sur les bienfaits d’un accès illimité à toutes sortes d’informations utiles. Et inutiles aussi d’ailleurs, parce qu’un peu de culture générale, et pas seulement les tutos pour ci et pour ça, c’est tout aussi bénéfique.

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Donc, les enfants préados ont accès à tout ça, avec un téléphone. Une étape qui marque la fin de la période durant laquelle leur vie sociale se limitait aux interactions physiques, à la vie réelle et locale. Préparons-nous.

Que regardent-ils? Que peuvent-ils bien envoyer? Avec qui échangent-ils? Pourquoi passent-ils autant de temps les yeux rivés sur cet écran miniature? Soyons toutefois indulgents. Et patients. Eux, cela fait huit, dix ou douze ans qu’ils nous observent en se posant les mêmes questions.