Selon le projet mis en consultation, l'Ordonnance fédérale sur la protection contre le rayonnement non ionisant ne devrait pas couvrir le domaine des téléphones portables. Pourtant ces appareils sans cesse plus nombreux sont soupçonnés – à ce jour, rien n'est prouvé – d'augmenter le risque de tumeur cérébrale chez les utilisateurs (lire ci-dessus). «Le Conseil fédéral ne désire pas introduire de nouvelles barrières techniques qui nuiraient au commerce international», explique Stefan Joss, adjoint scientifique à l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP). Edicter des normes d'émission spécifiques à la Suisse exigerait en effet des fabricants – en général étrangers – qu'ils réalisent des modèles spéciaux, donc plus coûteux.

Il appartient donc aux producteurs de téléphones portables de minimiser le risque encouru par les utilisateurs. «Si les lois du marché libre fonctionnaient à la perfection, la sécurité du consommateur devrait aussi être un argument de marketing, poursuit Stefan Joss. Mais dans la réalité, on observe plutôt le contraire: il est très difficile de s'informer sur l'intensité du rayonnement émis par les différents modèles en vente.» Pour pallier cette lacune, l'OFEFP envisage de recenser les caractéristiques des différents modèles en vente, de façon à établir un document sur lequel le consommateur pourra s'appuyer pour faire son choix.

Les fabricants de téléphones portables sont à la recherche d'antennes à la géométrie élaborée qui dirigent préférentiellement les ondes vers l'extérieur. Les ondes qui partent en direction de la tête sont en effet non seulement inutiles pour communiquer, mais elles exigent tout autant d'énergie pour les produire que celles qui se dirigent vers les stations de relais. Eviter ce gaspillage soulagerait les batteries, et les utilisateurs soucieux d'éviter une exposition superflue au smog électromagnétique.

A.Cl