Lundi prochain, la première page de votre journal aura une nouvelle allure. Ce changement est le fruit d’une réflexion nourrie au sein de la rédaction. La une est un élément stratégique, qui marque l’identité du journal. Alors, évidemment, on ne la modifie pas sans raison. «On produit de plus en plus un magazine au quotidien. La nouvelle formule mettra en valeur les thèmes importants plutôt que l’écume de l’actualité», souligne Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef du Temps.

Résultat? Une version plus sobre. Une vitrine qui présentera moins de sujets pour se concentrer sur l’essentiel. Le but est de donner envie de se plonger dans la lecture d’un article de fond, que ce soit une enquête, une analyse ou un reportage. C’est aussi un moyen de valoriser les opérations spéciales, à l’image des causes défendues à l’occasion des 20 ans du journal. Chacun de nos engagements avait bénéficié d’une première page complète au moment de son lancement. «Ce choix a eu un très fort impact», note Stéphane Benoit-Godet.

Souci de clarté

C’est le graphiste Sylvain Boggio qui a donné forme à cette envie de changement. «On a élaboré une proposition plus visuelle et plus nerveuse. Le roulement de tambour pour chaque sujet, c’est fini.» Le choix aboutit à une modification forte: le titre principal ne sera plus accompagné d’un texte suivi; les grandes lignes du sujet seront présentées sous la forme de points clés. «L’idée est de simplifier le message pour annoncer la couleur.»

Ce souci de clarté concerne également l’éditorial. «Le texte sera plus court, pour valoriser le point de vue. Il doit être ramassé et débarrassé de tout ce qui meuble, sans donner dans la caricature», détaille Jean-Michel Zufferey, chef d’édition.

Enfin, la photographie monte sur un piédestal. «C’est une bonne nouvelle pour le service iconographique, même s’il y a plus de pression sur nos épaules, indique sa responsable, Catherine Rüttimann. Dès lundi, nous pourrons mettre en avant des images qui ne sont pas forcément en lien avec un article développé dans les pages. C’est un choix assez courageux de la part de la rédaction en chef.» Rendez-vous lundi.