L’objectif du projet «Hyperlien» est de mieux comprendre vos attentes et présenter le métier de journaliste pour plus de transparence.

En 2019, Le Temps a produit et diffusé plus de 200 vidéos. Si vous lisez cet article sur votre journal papier, il y a des chances que cela soit une parfaite surprise pour vous. Les autres, nos abonnés «numériques» ou ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, se sont habitués à nos vidéos explicatives ou nos séries thématiques sur la musique, le cinéma et la technologie.

Pourquoi un journal doit-il «faire de la télé»? En fait… il ne le doit pas. Pour exister dans la galaxie multimédia, un journal doit produire des vidéos qui se distinguent de celles d’une télévision, en poursuivant deux objectifs: satisfaire ses lecteurs fidèles (disons, mon père), et conquérir une audience qui n’est pas – encore ou tout à fait – la sienne (disons, ma fille): c’est une question de survie.

Choisir le bon format

Pour Le Temps, la vidéo est un outil de narration parmi d’autres et nous pensons que l’écrit, la photo, l’infographie, et bien d’autres formats doivent coexister. La clé: savoir choisir lequel est le plus adapté à l’histoire que nous voulons raconter.

Il faut d’abord rappeler que nous partons de loin. Notre rédaction, si innovante soit-elle, reste un repaire de journalistes, volontaires et talentueux, mais parfois un peu méfiants vis-à-vis de la nouveauté. Alors quand la nouveauté est incarnée par une équipe à la moyenne d’âge de moins de 30 ans qui débarque en trottinette au bureau avec des bidules technologiques dans le sac à dos, il est difficile de faire mentir ceux qui pensent que la vidéo est un gadget.

Retrouvez  toutes les vidéos du Temps

Il a fallu faire preuve de pédagogie au sein de la rédaction, convaincre, parfois, de l’utilité d’un travail en binôme vidéaste/journaliste en rubrique, mettre en valeur des collègues face caméra, ne pas forcer ceux que cela mettrait mal à l’aise. Ce qui était laborieux il y a six ou sept ans est ainsi (presque) devenu la routine en 2020.

Raconter en profondeur

Sur quels contenus misons-nous? Pour décrypter, contextualiser, raconter en profondeur – ce qui constitue l’ADN du Temps – notre format privilégié est la vidéo explicative. «Comment les prix des médicaments sont-ils fixés», «Qui possède la bombe atomique et quels sont les risques d’une guerre?»: en trois à cinq minutes, nous exposons une problématique complexe de façon simple et ludique, en alternant des images et de l’animation.

De l’écriture à la diffusion, il faut en moyenne dix jours pour produire une vidéo de ce type. Nous ne comptons pas sur le buzz immédiat, mais préférons construire une audience sur la durée, grâce à nos collègues des réseaux sociaux qui distribuent nos contenus sur les plateformes les plus adaptées (LinkedIn, Twitter, Facebook, YouTube).

Tester sans cesse

L’autre axe fort de notre production, ce sont les séries thématiques. Certaines comme «Silence, ça tourne» (séries télé et cinéma) sont déjà bien installées. D’autres, comme «EntreTemps» (grands débats de société, en coproduction avec les Archives de la RTS), doivent encore faire leurs preuves. Notre credo: tester sans cesse de nouveaux formats, quitte à ce qu’ils échouent.

Mais être volontariste dans la presse ne suffit pas. Il faut gagner de l’argent, «monétiser», dans le jargon. Actuellement, toutes nos vidéos sont gratuites (elles ne sont pas derrière le «mur» qui empêche l’accès à certains contenus aux non-abonnés), mais certaines sont produites avec le soutien de partenaires, selon des règles définies dans notre charte éditoriale.


En vidéo: Avec Hyperlien, «Le Temps» est à votre écoute


Ma fille et mon père dans tout ça? La première, 13 ans, curieuse et bien connectée, ne regarde pas les vidéos que nous produisons. Quant à mon père, retraité et lecteur assidu, il se demande si je travaille vraiment pour ce journal puisque… je n’y écris pas. C’est peut-être cela la règle d’or: la patience et l’humilité.