Ce qui frappe lorsque l’on regarde les humoristes américains, surtout ceux qui se produisent dans les émissions comme Saturday Night Live, The Daily Show ou The Colbert Report, c’est leur capacité à rebondir sur une remarque, à trouver sur le champ une réplique acerbe, bref, à improviser. Ce talent est né dans les salles de classe de The Second City, une école de théâtre fondée à Chicago en 1959. Elle est l’œuvre de Paul Sills, le fils de Viola Spolin, une enseignante qui a inventé une nouvelle forme de jeu théâtral, centrée sur l’improvisation. «Dans les années 30 et 40, elle a développé des techniques pour aider les enfants d’immigrés à mieux s’intégrer dans la société américaine, explique Andrew Alexander, le directeur de The Second City. Son fils les a intégrées à la formation des acteurs.»

Le principe est simple: les élèves sont répartis par groupes de 15 et doivent rebondir sur une idée lancée par l’un d’entre eux, comme ils le feraient dans la vraie vie.

Lors des spectacles montés par les quatre troupes itinérantes de l’école, le public peut intervenir lors du second acte en lançant des «thèmes» dont les acteurs se servent pour improviser une scène. «La relation avec les spectateurs est symbiotique», note Andrew Alexander.

The Second City a produit plusieurs émissions, dont l’iconique SCTV, et même un film satirique (The Monitors). Saturday Night Live a aussi été peuplé, dès ses débuts, par des anciens de The Second City, à l’image de John Belushi et Dan Aykroyd. D’autres se sont fait un nom au cinéma, comme Halle Berry, Bill Murray ou Mike Myers. Ou comme humoristes politiques: Stephen Colbert et Steve Carell (du Daily Show) en sont issus.