«La transsexualité est acceptée dans notre société»

Les enfants partis de la maison, les horaires de travail loin du bal. L’âge de la retraite, c’est celui des grandes décisions, du retour sur soi après quarante ans à s’être occupé des autres. Moins d’attaches familiales et plus de collègues au boulot, il arrive que ce soit le temps pour certains hommes ou certaines femmes d’oser la métamorphose. Et de changer enfin cette peau dans laquelle ils se sont toujours sentis mal.

Sortie du tabou

Aux Etats-Unis, ces trans sur le tard s’affichent et lancent le débat. Moins médiatique, en Suisse aussi la réassignation sexuelle après la cinquantaine est une réalité. «Des personnes de 50, 60 ans viennent nous consulter», explique Yannick Forney, du Checkpoint Vaud – Fondation Profa, centre de santé communautaire où trans et homosexuels masculins trouvent conseil et soutien. «Ces hommes arrivent à cette période de leur vie où ils dressent un bilan, où ils regardent en arrière vers leurs années passées. Et décident que c’est le dernier moment pour franchir le pas.» Et pourquoi maintenant? «Parce que même si cela n’est pas simple à assumer, le changement de sexe est quelque chose d’accepté dans notre société.»

La transsexualité sortie du tabou encourage donc ces hommes de la génération du baby-boom à se transformer radicalement. Chirurgien établi à Lausanne et spécialiste de la réassignation sexuelle, le docteur Olivier Bauquis confirme: «Souvent, à l’époque, ces gens se devaient de rester dans le moule et de fonder une famille, même si le mal-être était présent.»

En plus de Checkpoint – Fondation Profa (www.mycheckpoint.ch), la Fondation Agnodice apporte également conseils et soutiens (www.agnodice.ch)