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Cabanes de jardins familiaux à Lausanne.
© Dominic Favre

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Comme Trenet, cultivez votre jardin extraordinaire

Renforcées par le film «Demain», les envies de biner son propre potager se font pressantes dans les villes romandes. Aperçu de la situation, entre schémas classiques et initiatives florissantes

«C’est un jardin extraordinaire» chantait Charles Trenet. C’était dans les années 1950, et aujourd’hui, vous rêvez d’avoir le vôtre, de jardin. Marre des tomates au goût de kérosène, ras-le-bol des fraises en carton, et surtout, une envie irrépressible de retrouver des moments de bonheur simples et concrets. Seul problème: vous êtes en ville. Et c’est là que ça se corse. Un petit tour des plus grandes localités romandes suffit pour comprendre que le rêve peut vite se transformer en parcours du combattant, du moins par les voies officielles.

Il n’est pas là question de tarif, puisque le prix de location annuel d’une parcelle de jardin familial est plutôt symbolique: 3 francs le mètre carré à Lausanne, environ 20 centimes à Sion, 50 à Fribourg, entre 65 cts et 1 fr. 50 à La Chaux-de-Fonds (selon l’emplacement et l’approvisionnement en eau), une thune à Neuchâtel (eau comprise). Les tailles des parcelles varient, selon les communes, de 6 à 300 m².

Point sensible: l’attente, interminable. Deux ans en moyenne. A Sion, le service des travaux publics et de l’agriculture a «laissé tomber» la liste d’attente. Trop de demandes, «et quand un jardinier résilie son bail, il a généralement quelqu’un qui le reprend directement». A Neuchâtel – où le bout de terrain est le plus cher! – une partie des jardins est réservée aux personnes à faible revenu, et l’on ne compte qu’une résiliation par an… A Lausanne et à La Chaux-de-Fonds, une centaine de candidats prennent actuellement leur mal en patience pour espérer récolter leur première courgette.

«Il faut être créatif»

A Genève, la situation est très différente. «La plupart des potagers existants sur Genève sont nés d’initiatives très locales menées par des habitants motivés. Et c’est fondamentalement cela que la Ville encourage», explique la maire de la ville, Esther Alder, à quelques jours de l’événement «Genève fête la Terre», vendredi 22 avril, qui accueillera Pierre Rabhi, le fondateur du mouvement écolo-humaniste Colibris. «Chaque projet a sa personnalité, mais la difficulté majeure reste de trouver des terrains. Il faut être créatif, comme dans l’exemple des voies couvertes dans le quartier de Saint-Jean. La Ville soutient les aménagements simples qui favorisent des moments d’échanges et de transmission de savoirs, avec des groupes de personnes âgées par exemple, ou avec des groupes de migrants, comme récemment dans le parc des Franchises. Nous mettons aussi à disposition des bacs dans l’espace public.»

Récemment, le dessinateur genevois Tom Tirabosco postait cette annonce sur Facebook: «Je cherche un bout de jardin à cultiver chez particulier au centre de Genève ou dans sa périphérie proche!» «Plein d’amis sont dans le même trend, raconte-t-il. C’est un truc qui manque dans ma vie: pouvoir mettre les mains dans la terre. Le film Demain m’a confirmé que beaucoup de gens avaient les mêmes questionnements… Relocaliser la production de légumes, reconnecter les gens au travers du jardinage.» Mais à nouveau, pas facile de dégotter le lopin tant désiré.

Lire aussi: «Demain», l’antidépresseur 100% bio

L’association Genève cultive, fondée en octobre 2015, a bien saisi cette urgence. En février, elle a créé une plateforme d’échange web qui vise à aider les amateurs de jardinage à se connecter entre eux. «A Genève, il y a beaucoup d’initiatives, mais tout est dispersé», explique Marisa Saladin, sa co-fondatrice. En tandem avec Letizia Caniglia, elle propose une carte interactive et participative (chacun peut signaler un nouveau lieu) qui répertorie jardins communs, sur les toits, verticaux, d’entreprise ou institutionnels.

Un forum permet de contacter d’autres jardiniers pour créer des parcelles de quartier collectives, et une rencontre aura lieu le 20 mai prochain pour présenter les différents projets. Un réseau qui concerne plutôt Genève, mais «après, on pourra peut-être ouvrir sur les autres villes?» Car bon nombre de projets collectifs fleurissent, dans toute la Suisse romande. En voyant germer toutes ces idées potagères, on se dit que les jardins extraordinaires ont de beaux jours devant eux.

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