Soyez prévenus: cette adresse n’a aucune utilité, sauf pour une minorité de passionnés et privilégiés. Chez Aldo Vinzio, à Champel, dans un garage désaffecté niché sous de grands immeubles, on n’achète pas de voitures. On ne vient même pas réparer son véhicule de collection, malgré l’enseigne Jaguar qui orne l’entrepôt. «Si quelqu’un vient ici, c’est surtout pour les conseils», dit le maître des lieux, qui restaure des voitures anglaises depuis près de 40 ans.

Consultant en entretien et acquisition de Jaguar anciennes, voilà l’insolite métier d’Aldo Vinzio. Son petit musée vintage fleure bon le carburant, le cuir et le cirage. L’ambiance est davantage celle d’un club anglais que d’un atelier mécanique. Dans l’ombre de l’entrepôt se tapissent une dizaine de véhicules impressionnants, comme la Jaguar type D, une voiture de course des années 1950, fuselée comme un requin.

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Le maître des lieux a constitué sa collection en repérant des épaves dans des cours de fermes, et en les retapant, pour «sauver ces mécaniques magnifiques de la destruction.» Aujourd’hui, il possède un trésor: les Jaguar de l’âge classique (1948-1968) se négocient facilement entre 160’000 et 250’000 dollars pièce. «Les voitures anciennes, c’est de l’art roulant, et ce marché rejoint les prix du marché de l’art», commente Philip Kantor, de la maison de vente aux enchères Bonhams. Les prix se sont envolés de 550% en six ans. Pas encore de quoi pousser Aldo Vinzio à vendre: avec sa collection, «je suis parvenu à satisfaire tous mes désirs». Une forme de bonheur que l’argent ne saurait remplacer.

Jaguar Tradition, 28 avenue Krieg, 1208 Genève, 022 347 55 47 ou 079 703 47 09, avjkagtrad@hotmail.com