Cette montagne, tout le monde la veut. La diversité des 400 photographies reproduites dans Cervin, top model des Alpes, l'album d'Yvan Hostettler1, l'atteste. Publicitaires, affichistes, photographes, dessinateurs, peintres, cinéastes, éditeurs s'en emparent régulièrement. Fascinant comme une montagne laissée entre toutes les mains peut être féconde: remodelée en pyramide, décapitée par Plonk et Replonk, colorée façon Warhol... Le célèbre sommet apparaît aussi sur tous les supports possibles et imaginables. De la pochette de disque à la brique de lait, chaque artiste, chaque publicitaire rivalise d'imagination pour s'approprier un petit morceau de Suisse. Yvan Hostettler le souligne: «Mon livre est une manière de rendre hommage à l'innovation et à la créativité suisses.»

Une anthologie pour une apologie. Yvan Hostettler est fou de son sujet. «Voir le Cervin peut me remplir de bonheur», dit-il. Pour valoriser sa montagne, il en fait l'inventaire avec soin. Il organise impeccablement son iconographie. Pas tant pour le plaisir d'accumuler ou de collectionner que pour celui de découvrir. Avec sa femme, ils le vivent presque comme un concours. C'est à qui rapportera la prochaine trouvaille. Le photographe et graphiste a envie que les lecteurs participent au jeu, via Internet, par exemple. Les gens qui veulent valoriser, comme moi, l'image du Cervin peuvent m'envoyer des documents sur mon site 2. Le livre continuera en ligne.»

L'auteur est tellement épris de sa montagne qu'elle devient pour lui un véritable personnage: «Quand je marche et que j'ai le Cervin dans le dos, j'ai l'impression que quelqu'un me regarde».

1 Editions Olizane, Genève, 2006, 34 francs.

2 http://www.cervintopmodel.com