«Je vois certaines parties de mon corps grossir, et la voix de l’anorexie me glisse: «Mais comment tu peux laisser passer ça?» Marie-Noëlle Tirogalas partage son cœur et son ventre avec un petit humain en construction depuis six mois. Sa tête, elle, est en bataille. Contre ces pensées devenues réflexes. Ces calculs implantés. Contre ce contrôle incessant que l’anorexie mentale lui a fait, durant plus de dix ans, ériger en nécessité absolue. A 33 ans, la Genevoise en «quasi-guérison» lève le voile sur une réalité murée dans l’ombre et la honte: celle de la parentalité lorsque l’on souffre de troubles du comportement alimentaire (TCA). La thématique délicate rencontre un large besoin de parole et d’écoute chez les concernées – en majorité des femmes – et leurs proches. En témoignent les 160 personnes qui ont, le 2 décembre, participé à une conférence dédiée à ce sujet et organisée par l’Association Boulimie Anorexie (ABA) à Lausanne.