La TV alémanique se met au «people». Chaque jour de la semaine peu avant 19 heures, elle consacre huit minutes aux stars et starlettes de la vie publique. Gloire et Paillettes prend place dans la nouvelle grille qui doit revitaliser la tranche horaire 18-19 h 30, dont l'audience laisse à désirer. L'accent est mis sur les étoiles locales, les «promis» (raccourci de Prominent), comme on dit à Zurich. Ces célébrités seront donc surtout Alémaniques, des «Cervelat-Prominent», pour reprendre l'expression malicieuse d'un Romand.

Or, pour faire mentir l'adage, la vedette de la première édition mardi était un «raclette-promi»: Stéphane Lambiel. Le champion valaisan se reposait au Portugal. Après quelques pas dans un village plutôt désert, la famille rassemblée autour du lapin cuisiné par la grand-mère et quelques entrechats sur la plage, les paillettes étaient déjà retombées. Comme pour le reste de l'émission, on est resté sur sa faim. Ne parlons pas de la photo de Rainier pour donner des nouvelles du monarque, ni des images de U2 en concert à San Diego servant à annoncer que tous les billets pour leur prochain passage à Zurich étaient déjà vendus.

Lorsque la présentatrice, devant un décor rose vif, a évoqué les privilégiés qui fêtaient Pâques dans un grand établissement de Saint-Moritz, on s'est pris brièvement à espérer. Pour voir quelques inconnus – «une amatrice d'opéra», «un entrepreneur allemand» – vanter la prestation de la cantatrice Vesselina Kasarova. Qui a eu la gentillesse de confier au public alémanique que «le printemps est une saison merveilleuse».

Presque dix minutes à meubler chaque jour: le défi est de taille. Pourquoi la DRS se lance-t-elle dans l'aventure? «Les chaînes de service public allemandes et autrichiennes le font déjà avec succès. C'est un bon moyen de proposer des thèmes divertissants, qui ne trouvent pas toujours place dans l'actualité chargée du téléjournal ou du magazine 10vor10», répond Urs Durrer, porte-parole de la TV alémanique.

L'équipe de dix personnes, présentatrice comprise, saura-t-elle dénicher suffisamment de personnalités scintillantes dans le village suisse? «Sans problème. Il y a bien assez d'occasions, avec les grands événements culturels, les festivals, les foires, le cirque», assure Urs Durrer. Marc Walder, le rédacteur en chef de la Schweizer Illustrierte, qui sponsorise l'émission, n'en doute pas non plus. «Lorsque nous nous sommes lancés il y a une dizaine d'années, personne n'a cru qu'il y aurait assez de personnalités fascinantes pour remplir un magazine.»