Mobilité

Uber se donne cinq ans pour lancer ses taxis volants

La plateforme de VTC espère mener de premiers essais dans moins de deux ans. A terme, elle vise des centaines voire des milliers de voitures volantes dans chaque ville

L’objectif est «ambitieux mais pas irréaliste», assure Eric Allison. Le responsable d’Uber Elevate affiche sa confiance: en 2023, la plateforme de voitures de transport avec chauffeur (VTC) lancera un service commercial de taxis volants. Si certains doutent de la faisabilité d’un tel projet, le dirigeant voit déjà plus loin. «Dans dix ans, Uber Air sera présent dans de nombreuses villes à travers le monde», prédit-il.

Mardi 8 mai, en ouverture d’une conférence organisée à Los Angeles, Uber a fourni de nouveaux détails sur sa vision. Dans les grandes agglomérations, la société souhaite déployer des centaines voire des milliers de voitures volantes entièrement électriques, à mi-chemin entre des hélicoptères et des drones.

Ces véhicules pourront transporter jusqu’à quatre passagers, à une vitesse comprise entre 240 et 320 km/heure et à une altitude allant de 300 à 600 mètres. Un pilote sera présent au lancement. Mais Uber veut ensuite rendre ses taxis volants autonomes afin d’abaisser les coûts d’exploitation.

Parkings en hauteur

Des «vertiports» seront principalement installés sur le toit d’immeubles ou de parkings. Ils pourront gérer plusieurs centaines de décollages et d’atterrissages par heure. Chaque appareil ne restera cloué au sol que cinq minutes pour recharger ses batteries, débarquer les passagers et embarquer les suivants. Pour fonctionner, le système réclamera ainsi une «précision sans précédent», explique Eric Allison. Uber travaille notamment sur un système entièrement informatisé de contrôle aérien.

Selon le responsable, Uber Air viendra en complément de son offre actuelle de VTC. Certaines courses combineront des trajets en voiture avec un vol. L’entreprise promet ainsi de réduire les temps de trajet, en proposant l’option la plus rapide à ses clients en fonction notamment de l’état du trafic routier. Un nouvel algorithme est également en cours de développement pour synchroniser taxis volants et voitures.

Comme sur les routes, Uber ne jouera qu’un rôle de plateforme. Le groupe s’appuiera sur un réseau de partenaires pour produire, acheter et assurer la maintenance de la flotte de taxis volants. Même chose pour les «vertiports». «Aucune entreprise ne peut réaliser seule les investissements pour déployer l’ensemble du système, justifie Eric Allison. Mais nous garderons un contrôle opérationnel direct.»

Le bruit et l’autonomie

De nombreux défis restent à relever, à commencer par la conception d’un appareil capable de transporter des passagers sur plusieurs kilomètres. Uber s’est associé avec cinq groupes aéronautiques, dont le constructeur brésilien d’avions régionaux Embraer et le fabricant américain de drones Aurora, racheté fin 2017 par Boeing. La société a aussi noué un partenariat avec l’armée américaine.

Deux problèmes se posent particulièrement. D’abord, l’autonomie des batteries et le temps nécessaire pour les recharger. En janvier, Uber a ainsi débauché Celina Mikolajczak, une ancienne responsable de Tesla, pour tenter de trouver une solution. Ensuite, le bruit, notamment au moment du décollage et de l’atterrissage. S’il assure que le niveau sonore est inférieur à celui d’un hélicoptère, Eric Allison reconnaît que des progrès sont nécessaires.

Il faudra ensuite obtenir le feu vert des autorités aériennes, déjà très prudentes avec les drones. Aux Etats-Unis, la Federal Aviation Administration (FAA) discute avec Uber. Mais son directeur, Dan Elwell, a prévenu mardi que le gendarme américain ne ferait «aucune concession sur la sécurité». Là aussi, Eric Allison se montre confiant, estimant pouvoir démontrer l’impact positif d’Uber Air et convaincre les autorités les plus réticentes.

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