Bien-être

Un atelier pour s’habiller selon sa morphologie

En marge d’une pièce de théâtre abordant les diktats de la beauté, le Grütli propose un atelier pour apprendre aux Romandes à accepter et sublimer leurs silhouettes

Êtes-vous plutôt pomme, poire, triangle ou sablier? Un passage devant la glace pourra sans doute vous éclairer. Car si chaque corps est différent, votre morphologie, elle, peut facilement se ranger dans une catégorie. Et se voir qualifiée d’un nom fleuri. Une silhouette «en poire», par exemple, correspond à un torse menu, une taille fine et de larges hanches. Le «triangle» évoque quant à lui les profils plus scandinaves aux grandes épaules, fortes poitrines et hanches étroites.

Une énième tentative d’objectiver les corps? Bien au contraire. Ces archétypes morphologiques, Anna Venere les conçoit plutôt comme des outils permettant de mieux se connaître. Ingénieure de formation, l’Italienne a lancé il y a sept ans un blog qui prodigue des conseils mode pour se mettre en valeur et booster son estime de soi. Devenue depuis «Body shape consultant» à temps plein, elle animera samedi un atelier à ce sujet au Théâtre du Grütli. Un rendez-vous faisant écho à la pièce «SeXclure» de Marcela San Pedro, qui s’inspire de l’oeuvre de l’escort-girl devenue auteur Nelly Arcan et son travail sur l’obsession de l’apparence.

Miroir déformant

«Environ 60% des femmes ne s’habillent pas en fonction de leur propre corps», regrette Anna Venere. La raison? Elles se perçoivent à travers un miroir déformant et se focalisent sur une particularité physique qui leur déplaît, choisissant leurs habits en conséquence. «J’en vois beaucoup qui portent des manteaux oversize, très à la mode en ce moment, mais les associent à des pantalons larges parce qu’elles se trouvent trop rondes et veulent se cacher. C’est une erreur, car cette tenue exagérera davantage leurs formes!».

Le credo de la spécialiste: adapter le vêtement à sa morphologie plutôt que le contraire. Fini l’obsession de la tendance, il faut accepter que tout ne nous va pas et apprendre à reconnaître les pièces qui nous mettent à l’aise et en valeur. Les «poires» d’entre nous, par exemple, opteront plutôt pour une jupe ronde afin d’attirer l’attention sur le buste. Et penseront à acheter le haut et le bas de leur maillot de bain en deux tailles afin qu’ils soient mieux ajustés.

Déconstruire les diktats

Plus qu’un simple relooking, l’atelier abordera également la thématique du body-shaming, à savoir les attaques que subissent les femmes à propos de leur apparence. Des humiliations dont soufreraient moins souvent leurs homologues masculins. «Beaucoup de femmes s’habillent de leurs peurs et leurs hontes, laissant leurs désirs en second plan. Il faut leur redonner confiance», souligne Anna Venere.

Le Bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes et de prévention des violences domestiques (BPEV) soutient l’initiative. «Il est important de prendre conscience des diktats de la beauté véhiculés dans les médias, afin de les déconstruire», commente Colette Fry, directrice du BPEV. «Evidemment, tout le monde sait aujourd’hui que les publicités sont photoshopées. Mais il est encore difficile d’en faire abstraction. En ce sens, les vêtements sont des outils parmi d’autres pour se réapproprier son corps».

Une lente évolution des consciences que relève Anna Venere. Reste chez ces femmes une certaine colère, couplée d’un besoin de s’exprimer. «L’atelier offre aux participantes des conseils pratiques mais aussi la possibilité d’échanger et réaliser qu’elles ne sont pas seules. En sortant, elles emportent un peu de sérénité dans leurs armoires».


Atelier «Bien dans sa peau, bien dans ses vêtements»

Samedi 4 mars de 10h à 13h et de 14h à 17h

Théâtre du Grütli

www.bewell-now.ch

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