Dimanche, vers la fin de la messe de onze heures, dans l'église de Motta di Livenza, une localité de la région du Frioul. Une fillette de six ans tente d'allumer un cierge à deux reprises en le posant sur son socle électrique. Voyant qu'elle n'y parvient pas, une paroissienne lui vient en aide. La pression plus forte qu'exerce l'adulte déclenche un dispositif inséré dans la bougie. La bombe explose.

Gravement touchée à trois doigts et à la paume de la main gauche, la fillette a subi une intervention chirurgicale réussie. L'autre personne a été plus légèrement blessée au visage. «Sur le moment, j'ai pensé à un coup de feu tiré de l'extérieur de l'église, puis j'ai vu une grande confusion et j'ai compris que quelque chose de terrible s'était produit», a déclaré le prêtre Don Rino Brusegan.

La police n'exclut pas que l'acte ait été commis par celui que la presse du pays surnomme l'«Unabomber italien» et dont la trentaine d'attentats a fait plusieurs blessés depuis 1994 dans les provinces de Vénétie et du Frioul-Vénétie Julienne. Il y a deux ans, une fillette de 9 ans avait ainsi perdu trois doigts de la main droite et l'usage de l'œil droit après avoir ramassé un stylo dans une rue de Trévise. Motta di Livenza avait également été le théâtre d'un acte similaire, quand un petit engin caché dans un cierge avait explosé dans le cimetière de la localité et blessé une femme de 63 ans.

A la différence de l'Unabomber américain qui a fait trois morts et 23 blessés aux Etats-Unis en envoyant des lettres piégées avant d'être arrêté, son émule italien dissimule ses engins explosifs de confection artisanale dans des produits vendus en supermarché ou dans des objets. Le ministre des Réformes Roberto Calderoli a réclamé que les autorités proposent une forte somme pour quiconque aiderait à l'arrestation du suspect.