Depuis mardi, Telmat, entreprise d'une vingtaine de salariés basée à Saint-Sulpice (VD), connaît une médiatisation aussi internationale que désagréable. Les deux produits thérapeutiques qu'elle distribue depuis deux ans sont en effet accusés de contenir des corticoïdes.

Tout a commencé en 1997. A l'époque, Telmat pratique le recouvrement des dettes contractées par les pays de l'Est auprès des laboratoires pharmaceutiques et le commerce de petit matériel médical en Afrique. L'entreprise décide de distribuer les deux produits de Vlastimyl Brych, l'«un des papes de l'immunomodulation», comme le présentent certains médecins suisses. Ses «agents thérapeutiques», censés lutter contre des déficits immunitaires et des allergies, sont fabriqués par une entreprise de Pully et délivrés par 70 médecins à travers l'Europe.

Mais un différent oppose récemment Telmat à l'inventeur. La rumeur accuse ce dernier de ne pas avoir conçu les deux agents mais de les avoir subtilisés à autrui. Jacques Bauer, président de Telmat, aurait alors exigé des garanties de Vlastimyl Brych il y a quelques semaines. Domicilié à Genève, le Tchèque, porteur d'un passeport de Nouvelle-Zélande, disparaît peu après. Jacques Bauer pense que c'est lui qui orchestre depuis les attaques contre Telmat. Des courriers à l'en-tête de la filiale britannique de Brych, Magnalab, alertent depuis mardi les autorités sanitaires européennes et suisses de la présence de corticoïdes dans les deux produits. L'Allemagne, la France et à son tour la Suisse, hier, ont choisi d'interdire la distribution du Vectorex et du Scalarex.

Hier, plusieurs laboratoires analysaient les produits. Ils devraient rendre leurs conclusions aujourd'hui. Jacques Bauer affirme que les autorités auraient pu facilement découvrir que les lettres étaient des faux. Mais le Vectorex et le Scalarex ne sont pas enregistrés auprès de l'Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM), faute d'une molécule chimique brevetable. Comme d'autres produits de ce type, ils profitent d'une tolérance qui s'est transformée en suspicion. Qu'importe: «Nous avons toutes les preuves avec nous, affirme Jacques Bauer. Ce qu'on nous fait subir va se transformer en vaste publicité.»