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Un concert «à domicile» renforce l'intimité des musiciens avec leur public, comme ici Mark Kelly.
© Themarkkelly.com

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Un festival dans mon jardin, un concert dans mon salon

Notes de fraîcheur au milieu des gros bastringues, les manifestations musicales «à domicile» se développent de plus en plus

C’était il y a une année. Le groupe pop lausannois The Company of Men sortait son premier album. En parallèle de leurs répétitions habituelles, amplis branchés dans leur local, ils se voient régulièrement chez un des musiciens pour travailler les harmonies des voix. C’est dans le salon du chanteur-guitariste Gregory Wicky qu’a germé l’idée de faire des concerts chez les gens, entre le canapé et la télé. «Il se passait un truc différent. J’ai dit aux autres: «Personnellement, je paierais plus volontiers pour la version acoustique dans le salon.» On a proposé des dates sur Facebook, et on a laissé les gens s’inscrire, sans savoir si ça intéresserait qui que ce soit.»

Résultat: la démarche séduit, et le groupe se régale de cette formule – magique, il faut le dire – dès le premier essai. «Il n’y a pas d’esbroufe! commente Gregory Wicky. Pas de light show, pas de sonorisation, et l’on n’est pas surélevés. On partage le même espace que le public. Il y a un contact intime, pur.»

A propos du Pully For Noise, dont se souvenait Gregory Wicky: Le For Noise Festival débranche définitivement ses amplis

En un an, le groupe a fait une soixantaine de concerts en Suisse romande, parfois deux dans la même soirée. Le cachet? Il est aléatoire, puisque les spectateurs donnent ce qu’ils souhaitent, dans un chapeau. En moyenne une vingtaine de francs par personne. S’additionnent ensuite les ventes d’albums. Et puisqu’il n’y a aucun intermédiaire, aucun frais annexe, tout est directement partagé entre les quatre musiciens.

«C’est le concert qui vient à moi!»

Sabine, 45 ans, a organisé trois concerts «maison». «Dans le salon, c’est la bonne formule au niveau de l’énergie. Ça fait un peu pantouflard! Je ne vais pas au concert, c’est le concert qui vient à moi! Dans le jardin, par contre, on a eu des problèmes avec le voisinage.»

Une problématique à laquelle sera bientôt confrontée l’association morgienne Into The Yard. Leur concept: mettre en relation des propriétaires de jardins privés et des artistes, pour une soirée musicale très privilégiée. Le groupe s’occupe des autorisations auprès des communes, de la billetterie (20 à 25 francs la soirée, verre de limonade inclus), de la décoration, de la technique et du bar.

Public… mais privé

«Cela devient un événement public dans un lieu privé, expliquent Noa Zalts, 21 ans, fondatrice et présidente de Into the Yard, et Nathan Melet, 24 ans, vice-président. Il n’y a aucun coût pour le propriétaire, et il peut donner ses envies artistiques, son choix sur le nombre de spectateurs, et bénéficie d’entrées gratuites pour ses proches.» Idéalement, entre 50 et 100 spectateurs, pour deux artistes, dans une formule intimiste.

Pour lancer leur concept, ils bénéficient d’un soutien de choix. Le chanteur Mark Kelly, récemment sacré artiste romand de l’année aux Swiss Music Awards, jouera en juin prochain… dans son propre jardin! Les 80 billets ont été écoulés en une petite heure. Pourquoi cet élan de la part du chanteur veveysan, devenu parrain de l’association? Noa Zalts relaie ses propos: «Mark pense que la plupart des artistes recherchent un public qui sera là pour les écouter réellement, ces petits lieux où il y a un vrai échange et une ambiance spéciale.»

Ce type de démarche représente un petit contre-pied aux gros concerts et festivals. Une envie de palper de l’authentique. Serions-nous dans la même tendance que celle qui donne envie de consommer local, de siroter la bière artisanale du village ou de faire pousser ses propres salades? «Oui, c’est assez bio, répond Gregory Wicky en riant. C’est sans triche. Tu vois les doigts sur les cordes, les poils au menton des musiciens. De notre côté, on voit mieux à qui l’on s’adresse, ce qui fait réagir les gens. Et l’on inclut cet aspect relationnel dans le spectacle. Au début, on avait peur que le public s’ennuie, mais non. Vu que c’est intime, le spectateur ne peut pas avoir l’impression qu’on ne s’adresse pas à lui.» Une vraie note de fraîcheur dans le paysage musical.

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