Handicap

Un guide pour que le vote soit l'affaire de tous

A l'occasion des élections du parlement du 20 octobre, l’association Insieme en faveur des personnes avec un handicap mental a collaboré avec Easyvote pour élaborer une brochure en langage simplifié

«Les explications envoyées avec les bulletins de vote sont trop compliquées, beaucoup de mots nous sont inconnus.» Sabrina Gaetani vit avec un léger handicap mental et désire faciliter le vote pour les personnes dans la même situation. Pour les prochaines élections, elle a participé à l’élaboration de la brochure «Un guide pour voter» en collaboration avec Easyvote et Insieme. Cette association en faveur des personnes handicapées cofinance le projet avec le Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées (BFEH).

Fin 2016, la Suisse comptait 73 000 personnes placées sous une curatelle sur mesure, qui, contrairement à la curatelle à portée générale, leur permet de voter en présence d’un accompagnateur pour les sujets fédéraux; le pourcentage de cette population touchée par une déficience mentale n’est pas déterminé.

Les votations en langage simplifié

«Nous sommes encore loin d’avoir atteint l’objectif de l’article 29 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées qui garantit la participation à la vie politique et à la vie publique», explique Anne-Sophie Kupper, collaboratrice chez ASA-Handicap mental. L’accès aux votations est limité par la compréhension des sujets.

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Easyvote a traduit le contenu des guides de vote en langage simplifié, langue officielle incluant des phrases courtes et des mots simples. «Un groupe de travail de personnes en situation de handicap a relu nos textes afin de rendre les informations plus accessibles», mentionne Barry Lopez, le chef d’équipe.

«La connaissance des droits politiques est une condition préalable essentielle à l’exercice des droits des personnes handicapées, réagit Andreas Rieder, responsable du BFEH. La brochure fournit ces informations d’une manière facile à comprendre pour les personnes avec un handicap mental.» Elle sert également d’encouragement à exercer ces droits.

La Suisse en retard

La brochure détaille le fonctionnement des listes, les possibilités de combinaisons, les enjeux de ces élections, les systèmes des différents cantons, ainsi que les étapes nécessaires pour accomplir le vote. Elle est disponible gratuitement dans les institutions pour personnes handicapées.

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Jusqu’ici, aucun support n’aidait les personnes avec une déficience mentale à comprendre les enjeux des votes fédéraux. «La Suisse est en retard par rapport à l’Allemagne, où cette initiative est standardisée pour chaque votation», souligne Samuel Steiner, collaborateur d’Insieme. En France, depuis quelques mois, toutes les personnes sous tutelle peuvent voter, sans exception.

Au-delà de la compréhension des sujets, «le matériel n’est pas souvent distribué aux personnes avec une déficience mentale», ajoute Anne-Sophie Kupper. A la suite d’un constat similaire, l’association Insieme a lancé la campagne #Jeveuxvoter. A travers une vidéo, l’organisme cherche à rendre visible la volonté des personnes avec une déficience mentale de participer aux élections. Des visages, des voix qui s’accordent: «Je veux voter parce que je suis Suisse. Parce que les décisions politiques me concernent. Parce que je veux une société inclusive et diversifiée.»

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