«Rien ne remplace le lait maternel.» Tous les médecins le disent mais toutes les mères ne le croient pas. Aujourd'hui, il n'est pas rare de rencontrer encore des femmes qui refusent de donner le sein à leur enfant. «S'il existe effectivement des contre-indications à l'allaitement en général, elles doivent être discutées à la lumière des innombrables avantages», précise Ruth Lawrence, professeur du Département de pédiatrie de l'Université de Rochester à New York et spécialiste mondiale de l'allaitement.

Durant cette dernière décennie, les recherches sur l'impact du lait maternel sur le développement physique et psychique des enfants se sont multipliées. Toutes tendent à favoriser l'allaitement. Celui-ci, en plus de fournir tous les aliments nécessaires – pas forcément présents dans les produits de substitution d'ailleurs –, administre au bébé des agents anti-infectieux et antiallergiques indispensables. Les scientifiques ont notamment pu prouver l'efficacité du lait maternel contre l'attaque de bactéries telles que l'Escherichia coli et le bacille de Koch (tuberculose). Des études comparatives entre les enfants élevés au sein et ceux nourris artificiellement ont également mis en évidence des différences notables en besoins médicaux. Il en ressort que les premiers, durant leur première année, entraînent moins de dépenses de soins que les seconds.

La mère aussi retire des avantages de l'allaitement. Les premières tétées provoquent chez elle des contractions de l'utérus qui accélèrent l'arrêt des saignements. Il semblerait également que les femmes qui allaitent seraient moins sujettes aux cancers du sein et des ovaires ainsi qu'à l'ostéoporose.

En revanche, les femmes séropositives ou atteintes de tuberculose ne doivent pas donner le sein à leur enfant. La consommation de médicaments, de tabac, d'alcool et bien sûr de drogues durant l'allaitement est également peu recommandable.

A. Vs