Effervescence chez les amis de Bruno Manser. L'homme n'a pas donné de signe de vie depuis mai 2000 et serait disparu vraisemblablement dans les forêts tropicales de Sarawak, dans l'île de Bornéo. Mais voilà qu'hier, le jour même où le Bruno Manser Fund (BMF) donnait une conférence de presse pour annoncer que les recherches entreprises à ce jour ont été vaines, deux sources d'informations sont venues indiquer que le Bâlois était sain et sauf dans la jungle.

En premier, James Richie, journaliste malaisien basé à Sarawak et auteur d'un livre sur Bruno Manser qu'il décrit comme son ami, a fait savoir à John Künzli, un des responsables du BMF, à Bâle, que l'ami des Pénans se portait bien et qu'il se trouvait dans la réserve naturelle d'Adang. «Le journaliste qui connaît effectivement la région et les Pénans, m'a annoncé qu'il allait lui-même partir dans la jungle pour le ramener», déclare John Künzli. Crédible? «Oui et non, répond-t-il. James Richie, il est vrai, a aidé Bruno Manser à plusieurs reprises et connaît bien la région. Par contre, je pense qu'il n'est pas trop aimé des Pénans sans lesquels une expédition dans la jungle est impossible.»

Ensuite, dans son édition d'hier, un journaliste du quotidien zurichois Tages Anziger avance également l'hypothèse selon laquelle Bruno Manser serait vivant. Ses interlocuteurs malaisiens font ressortir que des barrages ont été régulièrement érigés depuis quelque temps dans la jungle à Sarawak, pour protester contre l'abattage des arbres. Selon eux, il n'y a pas de doute que ces protestations aient été fomentées par le Bâlois qui se bat pour préserver l'habitat naturel de ses amis pénans.

Coïncidence: les barrages ont été montés précisément dans la réserve naturelle d'Adang. Et John Künzli du BMF confirme qu'aucune recherche n'a été menée à ce jour dans cette zone.