Société

Comme un lundi

Mix & Remix, dessinateur. A lancé la revue «1er degré» en juillet 2006.

– Plutôt du soir ou du matin?

– Du matin, mais pas avant 9h30. D'abord un café avec ma femme, lecture des journaux puis dessin. Je peux bosser deux heures de manière intensive, guère plus.

– Le lundi, c'est: gagner sa vie/la vraie vie/la belle vie?

– Gagner sa vie. C'est une journée

de gestion, d'organisation.

Ma grosse journée, c'est le mardi:

je dessine ma page pour L'Hebdo, puis participe à l'émission Infrarouge.

– Les pires lundis de votre vie?

– L'époque où je travaillais en entreprise. J'ai été magasinier, concierge… un peu de tout. Les lundis classiques des gens qui bossent mais n'aiment pas ce qu'ils font.

– Un rêve récurrent lié au travail?

– Presque jamais. Quoiqu'il m'est arrivé de rêver que j'étais incapable de dessiner Astérix. Le matin, ouf, je réalise que je ne suis pas obligé de dessiner ça…

– Quel jour est pour vous propice à l'amour?

– C'est complètement égal.

– La tâche quotidienne que vous aimeriez savoir faire?

– Passer l'aspirateur, je déteste. Peut-être apprendre à cuisiner?

– Prenez-vous rendez-vous avec vous dans la semaine?

– Non. Ça veut dire quoi? Du temps d'introspection? Je n'y ai jamais pensé. Le dessin est déjà assez zen comme ça. C'est mon évasion.

– Vous n'avez pas choisi le métier de papa car…

– Il était mécanicien dans une usine électrique. Petit, ça me plaisait, ces grosses turbines. Mais j'étais déjà attiré par le dessin. Mon père aussi, mais il n'a pas pu en faire son métier. Mes parents ne m'ont jamais découragé de faire les beaux-arts.

– Le travail qui vous a rendu le plus heureux jusqu'à présent?

– Le dessin de presse. Je dis ce que je veux, ça fait marrer les gens, c'est gratifiant, il y a du répondant. Guet de la cathédrale c'était sympa aussi. Comme je travaillais pour la Dolce Vita aussi, plein de groupes montaient faire la fête.

– Etes-vous bon dans votre rayon?

– Ouais, ouais, ça va. Je suis content d'avoir trouvé mon style.

– Que perdez-vous souvent?

– La mémoire. Je ne me rappelle pas le film que j'ai vu la veille. Les choses du quotidien m'échappent. C'est mon côté pas très concentré.

– Vous séchez parfois?

– Oui. Quand on a beaucoup sué sur un dessin, on ne sait plus s'il est bon. Il y a aussi des thèmes incontournables. Exemple, les élections américaines: ça me dit que dalle, mais je dois les traiter.

– Que vous inspire le mot carrière?

– Tout peut se renverser du jour au lendemain dans ce genre de métier. Je vois mal comment planifier quelque chose. Mais je trouve bien de prendre des risques, plutôt que de choisir la voie de la sécurité.

– Avez-vous le salaire que vous méritez?

– J'ai le salaire que je me fais. Ça me semble correct.

– Imaginez, vous êtes rentier dès demain: que faites-vous?

– Je n'ai jamais imaginé ça! Je pense que j'arrêterais la presse. Je ne suis pas un dessinateur compulsif. Est-ce que je saurais encore faire quelque chose de moi? A voir…

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