– L'ambiance du dimanche soir?

– Atmosphère de transhumance: je rentre du Valais à Genève.

– Votre premier geste le lundi matin?

– Un café noir que mon mari m'apporte au lit.

– Plutôt du soir ou du matin?

– Je déteste le matin. Je travaille jusqu'à minuit sans problème.

– Les pires lundis de votre vie?

– Lorsqu'une votation a été perdue le dimanche. Pas du tout agréable!

– Votre jour préféré de la semaine?

– Le lundi, c'est une plage de temps qui s'ouvre. On a l'illusion qu'on pourra faire mille et une choses…

– Quel jour est propice à l'amour?

– Mais tous les jours… Quoique, plutôt la fin de semaine.

– La tâche quotidienne que vous aimeriez savoir faire?

– Mon Dieu! Les aspects pratiques, je ne suis pas douée. Le repassage, tiens, je suis nulle et je déteste.

– Des résolutions quant à votre organisation?

– Plus d'ordre dans mon bureau. Je m'y retrouve, mais tout de même… Enfin, chacun doit accepter les bizarreries de son fonctionnement.

– Vous n'avez pas choisi le métier de papa car…?

– Il était œnologue. Ce n'était pas pour les filles à l'époque. Mon grand frère était mon modèle, il a fait le droit. J'ai fait pareil.

– Le travail qui vous a rendue le plus heureuse jusqu'à présent?

– Celui que je fais à Economiesuisse: communication, lobbying, mise en réseau. Ça me correspond, donc ça me plaît.

– Le métier que vous ne pourriez vraiment pas faire?

– Chirurgien. Découper des gens, impossible.

– Etes-vous ambitieuse?

– Pas vraiment. Je n'ai pas été élevée dans cette idée. Mais j'ai saisi les occasions. Et j'ai eu de la chance. Les femmes de ma génération ont été recherchées, on en manquait. J'en ai bénéficié. Ensuite l'appétit vient en mangeant.

– Qu'évoque le mot «carrière»?

– Pas grand-chose; dans le fond, je suis trop individualiste pour penser en ces termes. Je vais à l'envie. Mais si savoir où l'on veut aller, c'est penser carrière, alors c'est important. Moi, il m'a fallu du temps avant de trouver.

– Le meilleur conseil qu'on vous ait donné?

– Devenir indépendante.

– Etes-vous devenue ce que vous imaginiez petite?

– Oui, dans le sens où je ne suis pas restée sur un sentier battu.

– La dernière fois que vous avez eu envie de changer de job?

– Récemment, puisque je vais m'associer à un cabinet privé. Ce sera plutôt une manière différente de faire le même métier.

– Que perdez-vous souvent?

– Mon téléphone portable. Je dois l'appeler pour le retrouver.

– Idéalement, comment organiseriez-vous votre travail?

– Cinq jours par semaine, pas un de plus! Mon mari voudrait bien que je prenne un jour pour lui.

– Dernier mensonge au travail?

– Je ne mens pas particulièrement. Je suis Valaisanne: un tempérament connu pour être direct!

– Rentière: que faites-vous?

– J'opte pour un mode de vie plus souple, avec du temps pour lire, tout en gardant mon bureau.