Les stents, ces petits ressorts de métal placés dans une artère pour l'empêcher de se boucher, sont en train de révolutionner le traitement des maladies coronariennes. Plusieurs études le confirmant ont été présentées le 6 mars à Orlando lors de la conférence de l'American College of Cardiology. Un essai clinique de Medtronic portant sur un stent dit «enrobé» a notamment montré une réduction de 50% du taux d'événements cardiaques majeurs. Grâce à ce nouveau produit, la firme américaine de technologies médicales rejoint un marché dans lequel sont déjà actifs Cordis (filiale de Johnson & Johnson) depuis 2002 et Boston Scientific depuis un an.

Les premiers stents simples, posés depuis 1986, avaient un gros désavantage: ils n'empêchaient pas, à moyen terme, que le vaisseau sanguin libéré se rebouche. Dès 2002, ce problème a été résolu avec l'apparition d'une deuxième génération: les nouveaux stents sont enrobés de substances actives. Libérées graduellement et de façon ciblée, elles empêchent la formation des plaques qui obstruent les artères et peuvent provoquer une crise cardiaque.

Les essais de Medtronic avaient pour but de comparer l'efficacité d'un simple stent métallique, pour lequel cette entreprise fut à la pointe de la recherche par le passé, avec un nouvel implant à libération de principe actif, baptisé Endeavor. D'une durée de neuf mois, l'étude a porté sur 1197 patients recrutés dans 17 pays. L'implantation de l'Endeavor chez la moitié des patients a permis de faire passer le taux d'accidents cardio-vasculaires sérieux voire fatals à 7,4% par rapport au groupe contrôle (14,7%). «Fort de ces données décisives, nous pensons commercialiser ce produit en dehors des Etats-Unis dès le printemps 2005», a annoncé Scott Ward, président de Medtronic Vasculaire. Quant à l'aval de la FDA (organe de surveillance des médicaments aux Etats-Unis), la firme espère le voir tomber d'ici la fin de l'année. Une étude visant à comparer son stent enrobé avec celui de Cordis est déjà en cours.

«Cette nouvelle génération d'implants a des effets positifs importants et durables», s'est réjoui Gerald Fletcher, professeur de médecine au Mayo Clinic College de Jacksonville (Floride).