Chronique

Un podcast à l’oreille: bienvenue à l’académie de la mort

Notre chroniqueuse a anticipé la fin du mois d’octobre et, faute d’histoire effrayante, a jeté son dévolu sur un podcast étrangement drôle: une plongée auditive dans la formation professionnelle de «conseiller funéraire». Mieux qu’Halloween

Tous les quinze jours, notre chroniqueuse jette un «coup d’oreille» à la vaste planète des podcasts francophones et vous conseille un épisode en lien avec l’actualité.

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Nom d’une cucurbitacée. Je pensais – naïvement – qu’il serait chose aisée de trouver un podcast «appétissant» à l’approche d’Halloween. Raté. Sans doute que mon manque d’attrait pour les histoires d’épouvante a pesé dans la balance… Mes tympans ont ainsi voyagé du podcast analytique de films d’horreur (qualitatif sans doute, mais trop long) à celui qui tend le micro aux chasseurs de spectres, en opérant un détour par une histoire de disparitions dans une forêt roumaine. Par dépit, j’ai failli opter pour une sombre affaire de sculpture sur courges.

Mais, juste avant le renoncement, j’ai convoqué l’un de mes producteurs de podcast préférés, j’ai nommé: Arte Radio. Et là, dans la longue liste d’épisodes de la série audio «Profils» – des courts documentaires – est apparu Mortelle Academy. On ne parle ni d’une école pour apprentis sorciers, ni d’un établissement qui enseignerait à mourir de la plus belle manière, il s’agit d’une plongée au cœur d’une formation de «conseiller funéraire».

«Longue vie dans les métiers de la mort!»

Au passage d’octobre à novembre, on parle des défunts, de leurs esprits, avec toute la ribambelle de mythes qui les entourent. Et c’est un peu le seul moment de l’année… Car le «crépuscule de la vie» semble encore tabou sous nos latitudes et, par extension, les métiers des vivants qui gagnent leur croûte grâce à lui, aussi. Mortelle Academy vaut le coup d’oreille: douze minutes de plongée à la fois interpellante et drôle, dans l’univers de ceux et celles qui, une fois diplômés, guideront les familles endeuillées à travers les méandres du business post mortem.

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C’est un joyeux mélange de témoignages – comme celui d’Anne-Flo, participante dont la mère objectait à son choix professionnel qu’elle «aimait trop la vie pour faire ce métier» et qui déclare, avec naturel: «Justement, c’est parce que j’aime la vie que je suis faite pour ça» – et de simulations d’entretiens pour l’organisation d’obsèques personnalisées. On se surprend à rire et à s’instruire (saviez-vous qu’on pouvait conserver un cercueil jusqu’à six mois chez soi en «dépôt temporaire», à condition qu’il soit «zingué», c’est-à-dire pourvu d’une enveloppe intérieure métallique étanche?).

Quand la formatrice conclut, avec plus ou moins de finesse, «je vous souhaite une longue vie dans les métiers de la mort!», je me surprends à sourire encore. Si le 31 octobre, on fête la mort avec des masques effrayants, voilà une autre bonne manière de la dédramatiser.


«Mortelle Académie», série audio «Profils» – Arte Radio, sur Apple Podcasts, SoundCloud, Spotify et Arteradio.com


La précédente chronique: Coup d’oreille: sur la route de l’homoparentalité

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