Un podcast à l’oreille

Un podcast à l’oreille: pourquoi la culpabilisation écologique ne fonctionne-t-elle pas?

CHRONIQUE. Un épisode du podcast «Vlan!» se penche sur la question de la culpabilisation écologique avec un neuroscientifique: ou comment certains biais cognitifs nous poussent à l’inaction

Tous les quinze jours, notre chroniqueuse jette un «coup d’oreille» à la vaste planète des podcasts francophones et vous conseille un épisode en lien avec l’actualité.

Les chroniques précédentes: 

Greta Thunberg n’a eu de cesse de le répéter, des rues de Lausanne à l’estrade du World Economic Forum de Davos: la terre brûle, et on ne fait rien. Même Simonetta Sommaruga a repris en chœur. Alors revient l’éternel débat, entre responsabilité des élites, des décideurs, et responsabilité individuelle. Ou peut-être tout à la fois? Pour ceux qui défendent l’idée selon laquelle tout un chacun doit agir à son échelle contre le changement climatique, il est une méthode qui ne fait pas ses preuves: la culpabilisation d’autrui.

Lire aussi:  Face aux enjeux climatiques, «la peur ne mène pas à l’action, mais au déni»

Pourquoi, quand je dis à mes parents que prendre un vol EasyJet pour se rendre à Paris alors qu’ils ont les moyens de s’y rendre en train est insensé, baissent-ils les yeux sur leur assiette? C’est la question que s’est posée Grégory Pouy dans l’épisode n° 108 de son podcast Vlan! qui traite à chaque fois d’une problématique sociétale avec un ou une experte.

Pour la culpabilisation écologique, il a convié Albert Moukheiber, docteur en neurosciences et psychologue. Il est aussi à la tête d’un laboratoire de recherche explorant les biais cognitifs qui expliqueraient notre inaction climatique. Point de réponses toutes faites, mais des pistes de réflexion: saviez-vous qu’il existe une courbe connaissance – croyance – intuition – action? C’est cette succession logique qui nous pousse (ou non) à passer de la compréhension d’une information – et d’un enjeu – aux actes. Concernant le réchauffement climatique, le parcours est semé d’embûches, entre fausses informations et pièges cognitifs.

Pourquoi moi et pas les autres?

Parmi ces derniers, on notera l’effet de diffusion de la responsabilité (ou quand plus il y a de monde confronté à un problème, moins on en fait, parce que: pourquoi moi et pas les autres?), «l’impuissance acquise» ou l’impression que malgré mes petites actions, les glaciers continuent de fondre alors… à quoi bon? Il faudrait voir des résultats immédiats, comme quand on se remet au sport et qu’on aimerait courir 15 kilomètres après un seul entraînement. Viennent encore le déni qui peut s’installer face à l’angoisse que suscite le discours sur le réchauffement climatique ou, enfin, les «portes de sortie» déresponsabilisantes: j’évite les bains, j’éteins les lumières avant de sortir, alors je peux emmener toute ma famille en croisière aux Bahamas.

Lire aussi: Changements climatiques: trois vérités bonnes à répéter

Je vous laisse découvrir le reste de ces trente minutes d’un podcast sobre mais efficace, où les questions sont bien posées et l’interlocuteur passionnant. Un questionnement demeure pourtant: comment agir – et convaincre d’agir! – pour le climat? A l’heure où toute la société est organisée autour du confort et donc de la consommation, difficile de répondre. Mais cela passe, pour le chercheur, par la mise en commun du savoir de chacun et d’un rapprochement de la nature. Car comment s’en soucier quand on n’a pas appris à la connaître?


«Pourquoi la culpabilisation écologique ne fonctionne pas», «Vlan!». Podcast, disponible sur Soundcloud, Apple Podcast et Spotify.

Publicité