Tous les quinze jours, notre chroniqueuse jette un «coup d’oreille» à la vaste planète des podcasts francophones et vous conseille un épisode en lien avec l’actualité.

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Avec le déconfinement, les questionnements sur le futur de notre société se sont amplifiés, tout comme les hypothèses à son sujet. Et je ne parle pas de savoir si l’on développera un langage oculaire pour outrepasser la barrière du masque. Non. Je parle de projections concernant ce que beaucoup ont nommé (peut-être hâtivement) «le monde d’après». Les sceptiques clament que rien ne va changer, d’autres imaginent que de «petits riens» infuseront lentement jusqu’à faire émerger un nouveau modèle du vivre-ensemble.

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Mais le problème, que soulevait récemment une collègue, est peut-être de se demander si nous sommes mêmes capables de penser en dehors du système dans lequel nous piétinons. Cette bonne vieille «normalité» (qu’on peut chérir autant que détester). Et c’est là qu’un premier podcast intervient: le dernier épisode de La vie au temps du coronavirus porté à bras le micro par Cyril Dépraz, journaliste à la RTS. Depuis le début de son confinement, il n’a eu de cesse de questionner ce à quoi le virus nous confrontait, donnant la parole à plusieurs invités.

Piètres «prédicteurs»

Son ultime réflexion: «Pourquoi on n’arrive décidément pas à prédire l’avenir». Rien que ça. Pour y répondre entre en scène Fabrice Clément, codirecteur du Centre en sciences cognitives de l’Université de Neuchâtel. Passés les quelques «couacs» techniques du début – on appréciera que l’enregistrement n’ait pas été coupé, parce que… c’est drôle! –, le professeur et chercheur livre un récapitulatif tout à fait passionnant des capacités (limitées) de prédiction de notre cerveau. Des études américaines ont prouvé que nous sommes de piètres «prédicteurs», même à court terme…

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En revanche, nous savons imaginer des récits et il serait peut-être temps, selon lui, de formuler des utopies nouvelles, plutôt que des dystopies. Les mots de Fabrice Clément résonnent avec justesse: pour écrire ces possibles, il faudrait retourner dans notre histoire et comprendre que les systèmes qui se sont succédé avaient pour point commun, justement, de donner l’impression que l’on ne pouvait en changer.

Plongée en 2050

En parlant de récits, le podcast Futurologie du journal La Croix s’amuse à créer des fictions auditives à propos de nos futurs possibles, sur la base de plusieurs enquêtes journalistiques. Des formats courts (5 à 7 minutes) pour évoquer des questions sérieuses, sur un ton léger. «Et si… le travail disparaissait» conte le quotidien de Susie, Parisienne vivant en 2050. Elle se remémore, sourire en coin, le jour où – en 2032 – un revenu de base universel a été voté. Que cela semble lointain! Puis elle s’en va créer des objets (un casque de réalité virtuelle pour chien, en l’occurrence) aux côtés d’autres inventeurs, dans un atelier collaboratif. Mais ce lieu qui se veut un «espace d’entraide, d’échange de services et de savoirs» est devenu la franchise d’une société américaine, qui va occasionner quelque mésaventure à la jeune femme…


L’épisode 20 de La vie au temps du coronavirus, est disponible sur Rts.ch/podcast, et sur les principales plateformes d’écoute (Apple, Spotify, Google Podcasts). «Et si… le travail disparaissait» peut s’écouter sur Apple, Spotify, Google Podcasts et Deezer.