Dans l'affaire du «dopage» des porcs autrichiens, les premiers résultats scientifiques sont tombés jeudi après-midi. Jusqu'à mercredi soir, 183 échantillons d'urine avaient été délivrés au Laboratoire fédéral de médecine vétérinaire de Mödling. Sur les 56 analysés, 18 étaient positifs, révélant de façon incontestable la présence d'antibiotiques. Selon le directeur du laboratoire, le professeur Walter Schuller, ces résultats n'indiquent cependant ni la quantité ni le type d'antibiotiques administrés. Seul un examen des organes, foie et reins notamment, permettra d'en savoir plus. L'ensemble des résultats des analyses en cours seront transmis aux enquêteurs.

Pour sa part, l'organisation de défense des animaux Vier Pfoten a annoncé mercredi qu'elle avait livré au procureur général une liste de 1500 éleveurs accusés de traiter leurs porcs avec des médicaments illégaux. Selon Franz-Josef Plank, vétérinaire et responsable de l'Association contre les fabriques d'animaux, l'administration d'antibiotiques, d'hormones, d'enzymes et d'autres produits interdits dans les élevages de porcs serait une pratique courante depuis longtemps. Dans les années 90, il a lui-même déposé plainte contre six éleveurs, mais affirme que «ces plaintes se sont ensablées».

Une réalité que confirme le recteur de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Vienne, Josef Leibetseder. Il admet que le débat sur de telles pratiques fait rage depuis longtemps au sein de l'Association des vétérinaires autrichiens, même si, faute de preuves, aucune plainte n'a jamais été déposée.

La réorganisation du service de santé animale à l'échelon fédéral, l'établissement de directives strictes relatives à l'élevage des animaux et à la prescription de médicaments, l'intensification des contrôles, l'aggravation des peines prévues par la loi et leur extension à la possession de substances prohibées: telles sont quelques-unes des mesures envisagées pour lutter à l'avenir contre de tels abus.

Des réformes qui s'imposent si l'on en croit les inspecteurs de l'Union européenne qui ont visité en juin dernier des paysans de Haute et de Basse-Autriche. Selon leur rapport, le contrôle vétérinaire – actuellement exercé par les Länder – qui devrait assurer le respect des dispositions européennes en matière de protection des animaux d'élevage laisse beaucoup à désirer. Les inspecteurs européens ont dénoncé plusieurs cas de violation sérieuse des conditions d'élevage et constaté qu'en matière de transport d'animaux, l'Autriche ne respecte tout simplement pas les règles européennes. Ils ont demandé à la Commission de prendre des mesures.