Jeffrey John, le prêtre homosexuel désigné par l'évêque d'Oxford pour prendre la tête du diocèse de Reading, a annoncé dimanche qu'il renonçait à cette charge. Une décision qui tient au scandale qu'a provoqué l'annonce de sa désignation à cette fonction (Le Temps du 25 juin). Jeffrey John, qui devait être intronisé évêque le 9 octobre, a voulu mettre fin à la polémique qu'a suscitée sa nomination dans l'Eglise anglicane. Dans sa lettre à l'évêque d'Oxford, Richard Harries, qui l'avait choisi notamment en raison de son «immense talent de prédicateur», le prêtre explique son souci des «dommages» que sa consécration aurait pu causer à l'unité de l'Eglise.

Effectivement, certains diocèses avaient émis la menace d'un schisme si sa nomination n'était pas annulée. L'Eglise anglicane du Nigeria, la plus grande du monde, a assimilé la nomination de Jeffrey John à «une attaque satanique».

Il faut dire que le prêtre n'a pas fait mystère de son orientation sexuelle. Aujourd'hui abstinent, Jeffrey John a volontiers admis avoir eu une relation de vingt-sept ans avec un autre homme.

Pour les conservateurs, l'idée de consacrer un évêque homosexuel, n'est en effet pas soutenable car elle est contraire à l'ordre divin et à l'esprit des Ecritures. Quatre-vingts prêtres, décidés à empêcher cela, ont demandé à l'archevêque de Cantorbéry, le nouveau primat de l'Eglise anglicane pour lequel l'unité et la restauration de l'anglicanisme constituent une priorité, d'annuler la décision. Celui-ci a bien tenté de ramener le calme parmi ses ouailles, en relevant qu'il n'avait cherché «ni à bloquer ni à promouvoir» cette nomination, soulignant au passage que la sexualité n'était pas au cœur des préoccupations de l'Eglise anglicane.

Une attitude qui n'a pas suffi à ramener le calme dans la communauté, si bien que Jeffrey John a préféré prendre les devants en renonçant.