MOEURS

Un réseau de prostitution de luxe jugé à Paris

Ils faisaient miroiter des carrières cinématographiques à des jeunes filles

De très jeunes filles, sans le sou et parfois mineures, qui voulaient faire du cinéma. Un photographe de nu qui leur promettait monts et merveilles à condition de. Des stars du monde du cinéma ou des princes arabes qui les choisissent sur catalogue. Le procès qui s'est ouvert hier à Paris est atypique. Six prévenus doivent affronter les accusations de proxénétisme aggravé. Ce n'est pas tant l'ampleur du réseau qu'ils avaient mis en place pour organiser des parties fines qui a marqué l'opinion dès le début de l'affaire. On se souvient surtout que l'hiver dernier, le 10 février 1998, le juge N'Guyen avait été jusqu'à entendre l'acteur Robert de Niro dans le cadre de l'enquête. A la grande fureur de ce dernier, qui avait été jusqu'à donner une interview-fleuve au journal Le Monde pour clamer son innocence. Aucune charge n'avait finalement été retenue contre lui.

Les faits se seraient déroulés entre 1994 et 1997. C'est un photographe, Jean-Pierre B., qui repérait les jeunes filles dans la rue ou les boîtes de nuit et leur proposait de constituer des books en vue de faire du cinéma. En fait, il alimentait un catalogue dans lequel les clients choisissaient une partenaire. Son fichier comportait plus de 80 jeunes filles, dont une dizaine de mineures. Il envoyait ensuite les jeunes filles sur la Côte d'Azur pour soi-disant continuer des séances de photos ou faire un bout d'essai en vue d'un tournage de film. Elles se retrouvaient en fait face à leur client, sur un yacht, dans une villa ou un hôtel. Comparaissent à ses côtés devant la seizième chambre correctionnelle Annika B., ex-mannequin suédoise, Thomas A. et Janiena T., qui servaient d'intermédiaires, Nazih A., secrétaire libanais du roi Fahd, et Jean-Claude T., propriétaire d'une villa dans le Var.

Seuls les faits de proxénétisme sont examinés par le tribunal. Les plaintes de viols et tentatives d'agressions sexuelles, qui ont été déposées contre Jean-Pierre B., accusé d'abuser des jeunes filles avant de les livrer aux clients, mais aussi contre le producteur de film Alain Sarde et l'ancien champion de tennis Wojtek Fibak, seront examinées à une date ultérieure.

Publicité