Sept jours durant, au moins, la campagne anglaise aura des airs de territoire bouclé: depuis vendredi soir cinq heures, les marchés à bestiaux et les abattoirs ont été fermés, et tout déplacement d'animaux est interdit. La mesure s'étend à plusieurs activités à caractère sportif (chasse, courses de chevaux), dans un effort qui vise à endiguer la progression de la fièvre aphteuse apparue au début de la semaine. Hier, un sixième cas a été décelé au nord-est du pays, la région d'où provient le virus, selon les services vétérinaires britanniques. Le gouvernement a réitéré son appel aux citadins pour qu'ils ne gagnent pas la campagne durant le week-end.

Les experts qui enquêtent sur les origines de cette épizootie, la plus grave depuis trente-quatre ans en Grande-Bretagne, ont désigné une ferme de Heddon-on-the-Wall, près de Newcastle, comme le foyer du virus. 500 porcs ont été abattus. Cette bonne nouvelle soulève toutefois une inquiétude: les porcs seraient malades depuis deux semaines, ce qui signifie, si l'on ajoute le temps d'incubation, que la maladie est présente depuis un mois sur le territoire britannique. Cette découverte montre aussi à quel point le virus est réparti sur l'ensemble de l'île. Des fermes dans l'Aberdeenshire, en Ecosse, sont sous contrôle. D'autre part, la découverte de cas suspects fait craindre que des vaches soient elles aussi atteintes. Le ministre de l'Agriculture Nick Brown a manifesté sa préoccupation devant la propagation très rapide de la maladie infectieuse, qui pourrait aussi toucher les animaux sauvages (biches, sangliers) et les zoos.

Ruée sur la viande de porc

Les supermarchés ont été le théâtre des premiers signes de panique populaire, certains consommateurs se ruant sur la viande de porc afin de faire des provisions. La fièvre aphteuse ne se transmet pourtant que très rarement à l'homme, et pas par absorption de viande.

Les associations de paysans ont accueilli la fermeture des marchés à bestiaux et des abattoirs avec une certaine fatalité. Ils espèrent que le gouvernement tiendra ses promesses de dédommagement: l'estimation la plus courante fixe à 50 millions de livres (125 millions de francs) les pertes encourues par les éleveurs.