Bienfaisance

Un spectacle pour sortir les jeunes de l’impasse

Depuis plus de vingt ans, la fondation Children Action s’engage pour lutter contre le suicide des jeunes à Genève. Lundi prochain, elle organise une soirée entre humour, magie et chansons pour récolter des fonds

C’est la première cause de mortalité chez les 15-29 ans en Suisse: selon les dernières statistiques de l’Office fédéral de la statistique (OFS), le suicide des jeunes a passablement crû depuis 2011, dépassant aujourd’hui en nombre les accidents de la route. En 2015, on comptait 141 décès, soit deux à trois cas par semaine.

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Offrir un espace privilégié

Pourtant, le sujet reste relativement tabou, y compris au sein du monde hospitalier lui-même, où il a souvent été négligé. «Des cas de tentatives de suicide peuvent se retrouver banalisés, minimisés ou noyés dans les différents services, quelque part entre la psychiatrie et les urgences, d’où l’importance d’un dispositif spécifique», note le professeur François Ansermet.

Celui qui prend, en 2007, la tête du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux HUG, comprend vite qu’il faut offrir à ces jeunes en détresse un espace privilégié. «Le risque existe lorsqu’il y a pic d’angoisse, tension extrême, impasse. Il est primordial que des dispositifs adaptés existent pour désamorcer la crise émotionnelle au bon moment.»

C’est à ce moment-là qu’il croise la route de Children Action. Cette fondation genevoise, créée par le financier Bernard Sabrier, travaillait depuis 1995 déjà à la prévention du suicide et au soin de jeunes en difficulté à travers l’Unité de crise Malatavie, accueillant les patients suicidants avec le plus de flexibilité possible. Ensemble, ils développent encore cette unité en y ajoutant une consultation ambulatoire intensive. Dès 2008, celle-ci permet d’éviter que les patients ne se coupent totalement de leur réseau scolaire ou ne se retrouvent stigmatisés.

Ouverture sur la cité

Depuis, Children Action continue, aux côtés des HUG, son engagement pour la vie en multipliant les initiatives: ligne téléphonique, adresse e-mail d’urgence mais aussi AiRe d’ados, réseau visant à mieux informer les professionnels et les proches. «Cela nous permet de parler le même langage et de créer un filet de sécurité autour de chaque jeune», souligne Stéphanie Kolly, directrice de Children Action. Qui précise que la fondation est venue en aide à 12 000 d’entre eux au bout du lac depuis ses débuts.

Le prochain projet financé par Children Action, pour le moins ambitieux, s’appelle la Maison de l’enfant et de l’adolescent (MEA). Situé au boulevard de la Cluse, le lieu regroupera tous les services touchant à la psychiatrie des enfants et des adolescents, actuellement éparpillés sur une dizaine de sites. Mais pas seulement: la maison offrira aussi une salle de théâtre polyvalente, un cinéma, un studio de radio et de TV. «Les jeunes seront ainsi en contact avec la culture, avec la ville, au lieu d’en être exclus. Le lieu se veut ouvert sur la cité», détaille François Ansermet, qui a participé à la conception de ce projet dont les portes ouvriront en 2023.

En attendant, Children Action est sur le pont. Et pour financer ses activités genevoises, mais aussi ses projets à l’étranger (l’envoi de chirurgiens au Vietnam, en Birmanie et au Cameroun notamment), la fondation organise lundi prochain une soirée de gala. Au programme, un spectacle animé par un florilège d’artistes: Dany Boon, Michel Boujenah, Elie Semoun, Amir, -M-, ainsi que des mentalistes, le tout animé par Arthur. Une soirée qui alliera bonne cause, rires et magie, et pour laquelle une poignée de billets sont encore disponibles.


Spectacle par la Fondation Children Action. Bâtiment des Forces Motrices, lu 15 à 19h45. Billet à 100 francs. Réservations: www.childrenaction-event.org/shop

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