Un septuagénaire canadien s'est suicidé vendredi soir après avoir averti les médias qu'il voulait ainsi aider à changer la loi sur la mort assistée au Canada. Atteint d'une fibrose pulmonaire en phase terminale, il avait indiqué en conférence de presse le jour même qu'il voulait mettre un terme à ses souffrances et sensibiliser la population au droit des malades de mourir dans la dignité.

En compagnie de sa femme et de ses trois enfants, Marcel Tremblay, 78 ans, s'est donné la mort chez lui à Ottawa en s'enfermant la tête dans un sac gonflé à l'hélium, selon la chaîne de télévision canadienne CBC.

Selon sa volonté, le tapage médiatique provoqué par l'affaire relance le débat sur le suicide des personnes malades et le suicide assisté: «Je pense vraiment que la loi devrait être changée pour aider ceux qui ne peuvent pas faire ce que je fais, a-t-il déclaré à la presse quelques heures avant de passer à l'acte. Les proches d'un malade en phase terminale devraient pourvoir l'aider à mettre un terme à sa vie. Le gouvernement devrait évoquer cette question très rapidement. Je veux que les gens en parlent.»

Marcel Tremblay avait rassemblé autour de lui une cinquantaine d'amis et membres de sa famille dans un restaurant d'Ottawa avant de revenir à son domicile pour mettre fin à ses jours alors que son entourage, qui adhérait à sa décision, était resté à l'extérieur. Avant de mourir, Tremblay avait fait appel aux services d'un avocat pour s'assurer que sa famille ne serait pas accusée d'assistance à suicide.

Cité par Radio Canada, Irwin Cotler, le ministre canadien de la Justice, a reconnu que cette histoire relance le débat sur le suicide assisté: «C'est une question qui préoccupe beaucoup les Canadiens», a déclaré le ministre, avant d'ajouter que le parlement canadien devrait peut-être se pencher sur cette question. La police d'Ottawa de son côté a ouvert une enquête, mais elle a indiqué qu'aucun geste criminel n'est soupçonné dans cette affaire.