Mobilité

Un taxi volant inspiré de la Formule 1

Un ingénieur britannique a imaginé une alternative décoiffante aux fameux «London cabs»: le taxi volant. L’engin est en phase de test

Bonté divine! Remplacer les très britanniques «London cabs» par une sorte de soucoupe noire tout droit sortie de Star Wars? Il fallait être Anglais pour oser concevoir une idée aussi shocking. Mais les ingénieurs anglais sont un peu fous, ne sont-ils pas? Eux qui inventent des voitures qui roulent du mauvais côté de la route et dont les écrous se serrent avec des clés de 9/16es de pouce. Passons…

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Sans doute agacé par les embouteillages de la City, Stephen Fitzpatrick, ex-propriétaire de l’écurie de F1 Manor Racing, fondateur d’Ovo Energy et grand entrepreneur du royaume de Sa Très Gracieuse Majesté, a eu une idée: utiliser l’ingénierie de la F1 pour construire un engin électrique à décollage vertical, capable de servir de «taxi volant» sur de courtes distances ou entre les villes (Fitzpatrick rêve de liaisons Londres-Madrid, par exemple). Vertical Aerospace était née.

Taxi à décollage vertical

Il faut dire que ce natif de Belfast (l’honneur «anglais» est sauf) est coutumier des idées saugrenues: il n’avait pas la moindre connaissance du sujet quand il a lancé Ovo en 2009. Depuis, son entreprise est devenue l’un des six principaux fournisseurs d’électricité au Royaume-Uni. Son credo? Se renseigner, étudier le marché et avoir une idée novatrice. Son taxi volant, Stephen Fitzpatrick y croit dur comme… carbone: «L’idée m’est venue avec la Formule 1. La technologie qu’on y utilise est trop high-spec pour ne relever des défis que sur la route! Un moteur de F1 offre plus de densité de puissance au kilo qu’une turbine de jet!» Et on ne parle même pas des batteries haute énergie, des systèmes hybrides ou de récupération d’énergie (KERS) que les ingénieurs utilisent sur les circuits.

Depuis 2016, Fitzpatrick s’est adjoint les services de 28 anciens spécialistes de l’aéronautique, venus de chez Airbus, Boeing, Rolls-Royce, Martin Jetpack ou General Electric pour l’encadrer dans son projet. C’est que Vertical Aerospace ne veut pas d’une «voiture volante» bricolée, mais bien un engin fonctionnel et sûr, à décollage vertical ne nécessitant aucune piste de décollage/atterrissage. Utopique? Pas tant que ça. Le premier prototype à quadruple rotor, monoplace, a décroché son autorisation de vol auprès de l’autorité de l’aviation civile anglaise (CAA) au terme d’essais réalisés en juin. Et Stephen Fitzpatrick espère bien en commercialiser une première version multipassagers fonctionnelle d’ici à 2022 déjà.

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