Si des extraterrestres existent quelque part dans l'univers, peut-être émettent-ils, volontairement ou non, des signaux repérables de très loin. Dans ce cas, il serait extraordinaire de parvenir à les recevoir. Le principal organisme dédié à cette tâche, le Seti (pour Search of Extraterrestrial Intelligence), un projet fondé en 1984 en Californie, vient de se doter de nouveaux moyens. Alors qu'il disposait essentiellement jusqu'ici d'un instrument capable de capter les ondes radiophoniques, le radiotélescope d'Arecibo, à Porto Rico, il a inauguré mardi un télescope pour ne plus rien perdre désormais des ondes optiques. Au cas où «les autres» - ce qui serait assez logique - utiliseraient des rayons laser pour communiquer.

Avec son miroir sphérique de 183 cm, le nouvel instrument, basé à Harvard, dans le Massachusetts, reste modeste comparé aux plus grands télescopes du monde. Mais qu'importe! Il n'en va pas moins couvrir une zone 100000 fois plus grande que le précédent équipement du Seti. Et, grâce à des détecteurs ultrasensibles et très réactifs (des «tubes photomultiplicateurs»), il pourra repérer des éclairs d'un milliardième de seconde (près de 500000 fois plus brefs qu'un clignement de paupière). Et rien ne devrait lui échapper puisqu'il a été rattaché à une batterie de puces électroniques capables de traiter trois mille cinq cents milliards d'informations à la seconde.