Né il y a quelques semaines et admis aux soins intensifs de l'hôpital de l'Ile à Berne suite à une grave affection, un troisième nourrisson victime d'une inversion de médicaments est décédé samedi. Un an plus tôt, le 26 janvier 2000, 500 flacons contenant 2,5% de chlorure de calcium avaient été faussement étiquetés «Glucose», suite à une malencontreuse manipulation survenue lors d'un contrôle de qualité. Le 20 décembre dernier, un premier bébé de 11 jours était décédé des suites d'un arrêt cardiaque causé par une hypercalcémie. Pour les pédiatres du service, il ne fait aucun doute que c'est bien la solution administrée en intraveineuse qui s'est révélée fatale. Le second bébé, lui, a succombé en janvier. Selon le porte-parole de l'hôpital, Bernard Kummer, les deux derniers décès sont dus à la maladie qui avait nécessité leur placement aux soins intensifs. Le juge d'instruction saisi, Hanspeter Kiener, se prononcera pour sa part lorsqu'il aura reçu les résultats des autopsies des trois nourrissons. Son enquête concerne l'ensemble des soins intensifs du service pédiatrique de l'institution bernoise. Il se penchera sur les cas des 30 à 40 enfants qui y sont décédés en l'an 2000.

Pour l'instant, il n'y a pas eu de licenciements à l'hôpital où le personnel est plus attentif que jamais. Selon l'Office fédéral des assurances sociales, 2000 à 3000 décès, survenus en Suisse dans les seuls services hospitaliers traitant des affections aiguës, seraient dus chaque année à des erreurs médicales. Ces chiffres ont été extrapolés à partir d'un rapport de l'Institut de médecine de Washington publié en 2000, en partant du point de vue que la fréquence de ces erreurs ne devrait pas être très différente en Suisse de ce qu'elle est aux Etats-Unis.