La Déclaration de Berne (DB) propose de réfléchir avant de saisir son téléphone mobile pour envoyer fébrilement un SMS ou appeler sa belle-mère. L'association édite une brochure, intitulée La puce à l'oreille, qui apporte un éclairage intéressant sur notre gadget préféré.

On l'oublie, mais un téléphone mobile contient des matériaux hautement polluants et, pour certains, d'origine douteuse. La DB cite en particulier le cas du tantale, ce métal rare présent dans les condensateurs, qui constitue moins de 1% de la masse du téléphone. S'il provient souvent d'Australie, le tantale est aussi extrait en République démocratique du Congo, où son négoce alimente les conflits armés. Selon la DB, Nokia, Motorola ou Sony Ericsson, malgré leur bonne foi, sont incapables de tracer avec exactitude la provenance des matières premières utilisées.

La DB s'est aussi penchée sur les conditions de travail des employés œuvrant pour les sous-traitants des fabricants de portables. L'association cite par exemple une enquête menée par l'organisation finlandaise Finnwatch, qui affirme que Nokia ne respecte en Chine ni son propre code de conduite, ni la législation chinoise. Les salaires offerts ne permettent pas aux employés de sortir de la pauvreté, avait conclu Finnwatch. Côté environnement, le bilan est, sans surprise, peu reluisant. Il faut en moyenne 12 litres d'eau pour créer une puce, dont un téléphone contient en moyenne une douzaine.

Un mobile tous les huit mois

Que faire? Renoncer à utiliser son portable? «Absolument pas, affirme Tanja Guggenbühl, cheffe de projet auprès de la DB. Nous voulons simplement que les consommateurs réfléchissent à la valeur d'un téléphone dont ils changent en moyenne tous les huit mois, sans jamais utiliser toutes les fonctions.»

Reste qu'il est possible d'agir de façon plus responsable, notamment au moment de se débarrasser de son portable. La DB cite ainsi l'initiative Solidarcomm de Terre des Hommes, qui récolte les mobiles usagés (notamment dans les magasins Fnac), et les achemine vers des pays en voie de développement.

La brochure «La puce à l'oreille» peut être commandée sur le site de la Déclaration de Berne (www.evb.ch/fr/p11022.html). Elle coûte 5 francs.