L’opération, présentée comme la plus importante jamais effectuée pour un vaccin contre le sida dans le monde, a été conduite par le ministère thaïlandais de la Santé et l’armée américaine et permet de réduire le risque d’infection pour un tiers des cas.

«Beaucoup de travail reste à faire», avertissent les deux organisations onusiennes en soulignant qu’il reste notamment à déterminer la durée de la protection, si le vaccin peut être administré dans d’autres parties du monde et s’il est efficace sur d’autres sous-types du VIH.

«Ce résultat représente une percée car c’est la première fois qu’il y a une preuve qu’un vaccin contre le virus HIV a une efficacité préventive», souligne un communiqué des chercheurs.

«C’est une avancée scientifique très importante et cela nous donne de l’espoir qu’un vaccin efficace dans le monde entier soit possible à l’avenir», a insisté le colonel de l’armée américaine Jérôme Kim, par vidéo-conférence.

Le vaccin est une combinaison de deux vaccins testés précédemment mais qui ne s’étaient pas révélés efficaces indépendamment l’un de l’autre. Il a été testé depuis octobre 2003 dans deux provinces thaïlandaises, sur plus de 16 000 volontaires dont l’exposition au risque de contamination était jugée similaire à la moyenne.

De tels vaccins présentant des «niveaux modestes d’efficacité semblent ne devoir être que des outils complémentaires d’autres stratégies visant à changer les comportements et les normes sociales, à promouvoir l’usage correct et raisonné du préservatif, l’accès à du matériel d’injection sûr, ainsi que la circoncision», indiquent l’OMS et l’Onusida.

Pas d’effet a posteriori

Mais, si le test a permis de déterminer que le vaccin est assez efficace en matière de prévention, il a montré que le médicament ne pouvait rien une fois que le virus avait pénétré l’organisme.

En effet, les personnes qui ont reçu le vaccin et qui ont néanmoins été contaminées ont eu autant de virus dans le sang et autant d’atteinte à leur système immunitaire que des malades du VIH qui n’avaient pas été vaccinés.

Selon les Nations unies, le virus du Sida a tué 25 millions de personnes à travers le monde depuis sa découverte dans les années 1980.