Dans sa petite Cave des Tilleuls à Vétroz, patrie de la célèbre Amigne valaisanne, Fabienne Cottagnoud est aux petits soins pour son Pinot Noir qu'elle vient de vendanger à 95-98 degrés Oechslé. Elle s'est offert deux nouveaux cuviers en bois, dans lesquels les raisins effectuent une macération pré-fermentaire grâce à l'utilisation de neige carbonique, une méthode qui permet de mieux conserver les arômes du fruit. Dans les autres cuves en plastique, les baies ont commencé leur fermentation. La jeune femme a le sourire aux lèvres: le millésime 2004 s'annonce bon.

Originaire de Martigny, Fabienne Cottagnoud est une nouvelle venue dans le monde du vin valaisan. Elle a obtenu son diplôme d'œnologue à Changins en 1995, et son premier vin – un Pinot Noir – date de 1996. Sa production reste confidentielle – environ 15 000 litres par année pour 3,5 ha de terrain. Mais la qualité de ses vins lui a rapidement valu une certaine notoriété en Valais. Son Amigne et sa Malvoisie flétrie ainsi que sa Petite Arvine ont reçu à plusieurs reprises le label Nobilis, une distinction qui récompense les meilleurs crus du canton. Au début de cette année, elle s'est présentée à la première édition de Vin Agora Botrytis, un concours international organisé en Hongrie et réservé aux vins liquoreux. Elle a été la seule Suissesse à avoir osé défier les célèbres Tokay et les surmaturés autrichiens, français, allemands, portugais ou espagnols. Sur les quatre vins qu'elle a présentés, trois ont obtenu une médaille d'or. L'Amigne surmaturée 2001, un vin labellisé selon les principes de la charte Grain Noble ConfidenCiel, s'est particulièrement distinguée en obtenant l'une des meilleures notes de tout le concours.

Enfin, belle distinction pour un parcours sans fautes, Fabienne Cottagnoud vient de faire son entrée dans le catalogue du CAVE, le Club des amateurs de vins exquis dirigé par Jacques Perrin, réputé pour la sévérité et la qualité de ses sélections. Inventive, la jeune œnologue s'apprête à lancer en septembre de l'année prochaine une Amigne vinifiée à peu de choses près comme un vin jaune. Le nectar repose depuis plus de quatre ans dans une barrique sous un léger voile de levures. Après avoir eu le privilège d'en déguster une gorgée – «je n'en ai que 60 litres», s'excuse gentiment Fabienne Cottagnoud – on ne peut que souhaiter de nombreuses médailles à ce vin aux arômes délicieux de cacao et de noix.