La bise qui a soufflé en ce début de semaine sur la Suisse romande a refroidi quelques promeneurs, mais elle a fait le plaisir des amateurs de voile. Presque toujours synonyme de beau temps prolongé, elle est en soi une invitation à la navigation. Ces jours, elle a de plus soufflé à une vitesse idéale pour bateaux et planches, soit à quelque 25 km/h avec des rafales de 40 à 45 km/h.

Il existe deux types de bises. La plus commune, celle qui a soufflé cette semaine, est due à la présence d'un anticyclone sur les îles Britanniques ou le centre de l'Europe qui, différence de pression aidant, provoque un déplacement d'air du nord vers le sud du continent. Sur le Plateau suisse, ce vent (relativement frais étant donné son origine) se faufile entre le Jura et les Alpes, ce qui l'oriente du nord-est vers le sud-ouest. Plus au sud, le long de la vallée du Rhône, il redescend «à la verticale», sud-nord, sous le nom de mistral.

Le second type de bise est ce qu'on appelle en Suisse romande la «bise noire». Elle souffle dans la même direction que la première mais transporte davantage d'humidité après avoir suivi un parcours compliqué. Provoqué par des dépressions situées sur le golfe de Gênes, le courant remonte dans un premier temps vers le nord-est, pour contourner les Alpes par l'Autriche et redescendre vers le sud à travers la Bavière et le Plateau suisse.

Une série de dictons affirme que la bise souffle ponctuellement 3, 6 ou 9 jours. «Cela n'est pas confirmé par la météorologie, commente Anick Haldimann, prévisionniste à MétéoSuisse. Il reste que ce vent est durable, qu'il ne tourne pas, comme d'autres, après quelques heures.» La bise actuelle devrait avoir connu mercredi son maximum, puis faiblir dès jeudi et disparaître tout à fait samedi au profit de petites brises.