Le club DIVO (Défense et illustration des vins d'origine), fondé en 1936 par l'homme de lettres genevois Constant Bourquin, lance une campagne contre l'uniformisation du goût des vins. Dès le début de juin, des textes et visuels paraîtront dans les journaux et sur la toile pour promouvoir les vins authentiques. Ils ont été présentés hier à la presse.

Si cette campagne vise bien entendu à mieux faire connaître DIVO et ses produits, elle va cependant au-delà de la simple opération commerciale. «Nous voulons attirer l'attention du public sur le fait qu'il existe deux mondes du vin, précise Christophe von Ritter, directeur de DIVO. D'une part, il y a une production à large échelle qui analyse les goûts des consommateurs et propose des vins qui leur plaisent. Le récent scandale concernant le Brunello di Montalcino illustre cette tendance: afin de plaire aux consommateurs et aux médias, certains producteurs ont ajouté du merlot pour obtenir des vins plus immédiatement accessibles, alors que le Brunello doit être composé uniquement de sangiovese. D'autre part, il y a les vins d'origine, qui sont authentiques et typiques, liés à leur terroir. Ces vins ne cherchent pas à plaire à tout prix. Les consommateurs peuvent choisir entre ces deux mondes.»

La campagne se décline en trois visuels qui représentent des étiquettes de vin. «Château Malchoisi, Grand Cru de l'Uniformité, 0% de personnalité, Conformisme 750 ml» veut rendre les consommateurs attentifs au fait que «de moins en moins de vins reflètent les particularités de leur terroir». Sur l'étiquette, des moutons ont pris la place des ceps. «Côte de l'Industrie, mis en bouteille à l'usine, 20% trucage, Artificiel 750 ml» dénonce l'usage des copeaux de bois et des substances chimiques. Enfin, «Domaine de l'illusoire, 59,4% bluff, Marketing 750 ml» met le doigt sur le fait qu'au moyen de belles étiquettes, le marketing peut faire passer «des productions industrielles pour des crus raffinés».