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Une charte de l’égalité des genres au «Temps»

Depuis décembre 2019, un texte détaille les engagements de notre média en matière de parité

Fin 2019, Le Temps s’est doté d’une Charte de l’égalité des genres, qui est désormais accessible à tous nos lecteurs sous la rubrique «A propos» de notre site internet. C’est un texte qui décrit une situation idéale, celle que nous aimerions atteindre en tant que rédaction, en tant qu’entreprise. Ce document n’est pas tombé du ciel, mais son idée s’est peu à peu imposée dans notre rédaction.

En mars 2017, à l’occasion de la journée des femmes, Le Temps réunit des personnalités de tous horizons et publie un numéro spécial, «Le Temps des femmes». Il s’accompagne d’une étude qui jauge la place des femmes dans les pages Opinions & Débats du Temps, depuis 1998. Le résultat n’est pas brillant: seules 27% des tribunes sont rédigées par des intervenantes. La rédaction prend conscience de l’étendue du problème et réalise aussi qu’elle cite plus volontiers des hommes quand il s’agit de donner la parole à des experts. Elle se dote alors d’une base de données de «femmes expertes» pour y remédier. Quelques mois plus tard, le mouvement #MeToo vient conforter l’idée que les rapports entre hommes et femmes, notamment au travail, doivent évoluer. Le sexisme est brutalement mis en lumière, la question de l’égalité de traitement, en particulier salariale, revient au premier plan.

Une action du 20e anniversaire

En 2018, Le Temps fête ses vingt ans. Pour marquer cet anniversaire, il défend sept causes, en multipliant pour chacune les rencontres, les événements, les dossiers, les enquêtes: l’égalité est l’une d’elles.

Dès 2018, un groupe dit «égalité» se crée autour du Temps. Il se demande comment faire vivre cette thématique durablement dans le média mais aussi dans l’entreprise. Il apparaît rapidement qu’une charte permettrait d’ancrer cette préoccupation dans nos pratiques quotidiennes; qu’elle nous donnerait l’occasion de nous ressaisir régulièrement de ces questions et qu’elle constituerait un horizon vers lequel progresser. Car, vous l’aurez compris, l’égalité, malgré les efforts que nous déployons depuis trois ans, n’est pas encore, au Temps comme ailleurs, une réalité complète.

L'effet grève des femmes

En 2019, le 14 juin, l’immense succès de la grève des femmes en Suisse, à laquelle nous avons consacré trois éditions spéciales, vient rappeler que beaucoup de chemin reste à parcourir. Tandis que, à Zurich, notre éditeur Ringier Axel Springer Suisse se dote lui aussi d’une nouvelle politique en faveur de l’égalité, «Equal Voice».

Cependant, nous progressons. Notre service des ressources humaines s’est montré dès le début très sensible à ces questions. Notre rédaction en chef, nos chefs et cheffes de rubrique, nos journalistes sont désormais attentifs et attentives à ne pas oublier les femmes lorsqu’il s’agit de rédiger un éditorial, de publier une tribune, d’interroger des experts. Nous réfléchissons à la façon dont nous écrivons au regard des progrès de l’écriture inclusive, à la composition des panels de discussions auxquels nous participons, nous nous formons. Nous avons développé un baromètre qui mesure la parité, dans nos pages, en temps réel, et nous possédons désormais un document auquel se référer: la Charte de l’égalité des genres.

Encore une fois, cette charte représente un idéal. Aussi, pour tenter de progresser, nous entendons nous doter, chaque année, d’une feuille de route. Nous planchons actuellement sur celle qui nous aidera à améliorer les choses en 2020. Et nous vous tiendrons au courant, ici même, de ce que nous imaginons pour que Le Temps poursuive son chemin vers l’égalité.

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