Le débat continue sur la dangerosité des téléphones mobiles, ou plutôt sur les risques que leurs ondes feraient courir à leurs propriétaires. L'OMS a lancé une gigantesque étude qui servira de référence, mais celle-ci ne sera pas terminée avant longtemps. Les angoissés en sont donc réduits à tenter de comprendre les résultats souvent divergents d'enquêtes qui sortent ici et là, et à essayer de comprendre la validité des équipes qui ont mené les recherches. La dernière en date est britannique, et devrait sortir officiellement le 11 mai prochain. Mais des fuites ont paru vendredi dans la presse anglaise, et les résultats de cette enquête qui a duré dix mois seraient plutôt rassurants.

L'étude de physiciens et de neurologues, dirigée par le professeur William Stewart, du Tayside University Hospital, s'est intéressée au phénomène du «réchauffement» du cerveau causé par les ondes des téléphones portables. Ces micro-ondes, selon certains, seraient proches des micro-ondes utilisées dans les fours du même nom pour cuire les aliments. En excitant les molécules, qui se «frottent» les unes aux autres, les fours produisent une forte élévation de la température. Dans le cas du téléphone et du cerveau, l'étude britannique a calculé que cette hausse de température n'était que de 0,1 degré, soit largement au-dessous des variations naturelles de température du corps, qui sont de 1 degré au cours de la journée.

Contrôle plus strict

Mais le rapport appellera néanmoins à un contrôle plus strict des émissions d'ondes et demandera au Département de la santé britannique et aux compagnies privées de poursuivre les recherches sur les dommages possibles, particulièrement dans les effets non thermiques des mobiles.

Reste le problème des antennes qui fleurissent en Grande-Bretagne comme ailleurs. Le Royaume en compte déjà 20 000, et leur nombre va croître rapidement. Le rapport propose de permettre une meilleure consultation populaire avant leur construction et d'en tenir un registre national.

Mais on ne connaît pas encore la position des douze scientifiques au sujet des pylônes se trouvant à proximité des écoles. Des groupes de parents estiment en effet que les enfants sont plus sensibles aux ondes que les adultes, parce que leur système immunitaire n'est pas encore suffisamment développé. Les compagnies, elles, ont tenté de faire pression sur les scientifiques pour qu'ils ne recommandent pas la destruction des 500 antennes construites près des écoles. Leur remplacement leur coûterait 270 millions de francs.